Le monde du travail au 21e siècle

Le monde du travail (incluant celui de l’éducation) n’échappe pas aux nouvelles réalités de ce siècle :

« Après le e-learning, le social learning [apprentissage social] est le nouveau concept qui doit révolutionner la formation dans les années à venir. Cette approche collaborative de la transmission des savoirs a réellement pris son essor avec le développement des réseaux sociaux. Les technologies du web2.0 permettent désormais de regrouper, de structurer et de diffuser les savoirs informels contenus dans une entreprise. Pour le plus grand bénéfice des collaborateurs, qui s’en trouvent plus impliqués et motivés, et des clients, qui voient la compétence de leurs interlocuteurs améliorée. Mais aussi des DRH [ressources humaines], pour qui ce mode de formation collaboratif représente une opportunité peu coûteuse, rapide et efficace de capitaliser les connaissances présentes à l’intérieur de l’entreprise et d’en favoriser la diffusion. Le social learning devrait venir compléter l’offre existante de formations traditionnelles, présentiel et e-learning, et favoriser l’avènement de l’entreprise collaborative. » (lien)

Selon le spécialiste français Frédéric Domon, « le social learning ne repose pas tant sur le contenu que sur la façon dont on va se connecter aux autres. Cela change de la notion cartésienne de la formation: ce n’est plus "je pense donc je suis", mais nous participons donc nous sommes. »

Plus concrètement, Harold Jarche estime que dans la prochaine décennie, 1. votre mobile sera votre bureau, votre salle de classe et votre concierge, 2. les utilisateurs du web forceront les corporations à se réinventer, 3. la description de tâches pour un dirigeant inclura d’écrire dans un blogue, 4. une littératie des médias sociaux sera requise de tous les employés et 5. la distinction entre le marketing, les communications et l’apprentissage sera confondue.

« Cela exige également de montrer une grande capacité pour créer des endroits personnels, chaleureux, accueillants. La culture organisationnelle, les plateformes d’apprentissage, l’accessibilité au matériel et aux solutions, l’assistance technique, l’encouragement individuel et une stimulation novatrice des communautés sont autant de tâches qui incombent aux managers du service Formation dans ce nouveau monde passionnant. » (lien)

La Apollo Research Institute publiait récemment leurs prédictions quant aux compétences qui seront (sont) requises dans un milieu de travail ouvert, réseauté et collaboratif. En voici une traduction libre :

  • Transdisciplinarité – cette capacité de comprendre des concepts au travers de divers champs disciplinaires
  • Collaboration virtuelle – capacité de travailler efficacement, de susciter l’engagement et de s’afficher comme joueur d’équipe virtuelle
  • Dégager un sens – dégager le sens sous-jacent de ce qui est exprimé
  • Intelligence sociale – capacité de se «connecter» aux autres afin de susciter les réactions et interactions de qualité
  • Compétence interculturelle – savoir travailler dans divers contextes culturels
  • Gestion de la charge cognitive – savoir discerner, filtrer et trier l’information abondante et savoir comment optimiser l’usage d’outils de communication pour y arriver
  • Pensée innovante et adaptative – proposer des solutions qui vont au-delà du cadre usuel de raisonnement
  • Pensée rationnelle (« computational») – capacité de traduire des données en concepts et comprendre le raisonnement à base de données.
  • Littératie numérique – Évaluer la pertinence et développer des contenus en formats numériques, et utiliser ces nouveaux médias comme effet de levier pour une communication efficace
  • État d’esprit «design» – savoir représenter et développer des tâches ou processus pour atteindre objectifs.

En fin de compte, comme le souligne Harold Jarche, il s’agit de voir comment les révolutions en communication mènent à des changements en profondeur dans la façon qu’on organise le travail, comment ceci modifie notre relation au savoir et comment cela affecte notre vision de l’éducation. Un tout cohérent, à mon avis.

Et les organisations qui ne savent pas trop comment s’y prendre, que feront-elles? Elle formeront un comité pour étudier la question

Et vous, qu’en pensez-vous?

(Crédit pour la photo, sous licence d’attribution Creative Commons)

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4 réflexions sur “Le monde du travail au 21e siècle

  1. Merci Jacques pour la citation.

    Il ne faut pas oublier que le social learning n’est pas que le learning avec des outils sociaux. Il existe aussi dans la réalité. Ainsi, on ne déporte pas dans le virtuel des pratiques qui n’existent pas dans le réel.
    Si les entreprises ne se penchent pas sur les questions fondamentales de changement organisationnel, si elles ne mettent pas l’apprentissage au coeur de leur stratégie, le soufflet 2.0 risque de vite retomber.

    Je ne suis pas la Apollo Research Institute, mais j’ajouterai 2 compétences que les collaborateurs et que leur employeur devront développer:
    - celle de l’apprendre à apprendre,
    - celle de la résilience.

  2. En effet, le virtuel ne fait que repousser, abaisser les murs entourant l’ensemble des interactions pour apprendre, tout en amplifiant les possibilités. Il importe donc d’éduquer les dirigeants et les responsables de la formation sur ces nouveaux espaces, oui, mais encore davantage sur l’apport de l’apprentissage informel pour le bénéfice direct de l’employé ET de l’organisation, ce qui n’est pas toujours évident.

    J’aime bien ces deux ajouts de compétences. À la 1ère, celle d’apprendre à apprendre, je cite Gilles Jobin qui dit qu’«apprendre, c’est tout d’abord prendre la décision d’apprendre». La culture organisationnelle a un gros impact ici : suis-je heureux ici? Est-ce juste une autre job? Pourquoi devrai-je me défoncer si personne ici ne…, et blablabla.

    Oui, la résilience. Celle qui nous allume à sortir des sentiers battus, à vouloir faire autrement, au nom d’une passion qu’on ne pourra faire taire.

  3. je suis d’accord avec Frederic DOMON, l’apprenant se sent désormais écouté et il entend également les autres; ce qui donne un nouveau dynamisme aux entreprises performantes. Nelly, eduperformance

  4. Ping : La sélection de Proactive Activity n°19

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