AVAN / BYOD : savoir poser les bonnes questions

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(Photo personnelle, Expo DS11, Bouctouche NB, juin 2012)

Le concept AVAN (BYOD), où l’accès à Internet au moyen de son appareil numérique est possible au sein d’un établissement d’éducation, occupe une place grandissante dans les discussions et les initiatives à caractère technopédagogique. On peut maintenant concevoir des réseaux sans fil, ouverts et néanmoins sécurisés où les intervenants dans un milieu éducatif (élèves, personnel, partenaires) font usage judicieux des outils en ligne et autres fonctionnalités du web. Pourtant, deux ans passées à peine, le discours dominant venant des administrateurs scolaires en étant un de blocage, parfois teinté du spectre du « méchant web » pouvant écorcher vives les pauvres brebis errantes dans le web ouvert. De voir un tel virage dans l’opinion grandissante des éducateurs (même s’il reste encore des opposants farouches) est un signe sain de petits pas menant vers une transformation de l’école telle qu’on la connaît depuis fort trop longtemps.

Et voilà maintenant que je vois défiler sur mes fils sociaux des textes, reportages et billets qui soulèvent l’aspect « distrayant » des appareils mobiles accessibles en classe. En quelque part, cela m’irrite et je cherche à édifier un argumentaire pour y répondre. Et voilà que cet article de Ryan Bretag intercepté ce matin vient mettre le doigt exactement au bon endroit. Je m’empresse de vous donner ici une traduction / adaptation libre…

La notion de distraction revient régulièrement dans la discussion au sujet de l’usage de son appareil numérique en classe. C’est une préoccupation généralisée. Cette conversation met trop d’accent sur la mauvaise question : comment gère-t-on une classe pleine d’appareils numériques personnels? Oui, la question est importante mais elle ne devrait pas être la porte d’entrée d’une réflexion pédagogique sur le sujet.

« Mais les élèves? Cela va les éloigner du curriculum et des objectifs d’apprentissage! Ils vont faire un tout autre usage de ces appareils! »…

Euh, excusez-moi mais cette problématique existait bien AVANT, dans un vieux paradigme de « faire la classe ». Les jeunes n’ont-ils pas toujours voulu apprendre et communiquer au sujet de LEURS intérêts au lieu des nôtres? Si la leçon telle que planifiée ne vient pas chercher leur engagement, ils décrochent. Cela ne change pas avec AVAN ! Le défi pédagogique reste entier : celui de susciter un engagement actif du jeune dans l’activité mise de l’avant. Une activité signifiante, pertinente et authentique.

Les questions à poser devraient donc être les suivantes :

- Quelle est la cause réelle de la distraction?
– Que ferez-vous pour susciter l’engagement des jeunes dans la tâche?
– Quel sorte d’environnement/climat d’apprentissage permettra aux jeunes d’être dans leur flux bien à eux?
– Comment favoriser l’apprentissage comme processus et non comme objet
– Comment mettre en valeur (effet de levier) ces appareils pour un apprentissage indépendant et interdépendant?
– Et la tricherie, comment la redéfinir dans une culture, un contexte de collaboration?
– À quel(s) moment(s) fait-on appel OU NON à ces appareils?
– Comment revoir les programmes d’études, l’enseignement et l’évaluation alors que la connaissance humaine est au bout de leurs doigts?
– Comment migrer vers un état d’esprit d’« apprentissage connecté »; selon des intérêts exprimés, en mode réseautage et axé vers la création/production par les jeunes?
– Que veut-on que les jeunes apprenent à savoir (contenus et notions conceptuelles), à faire (habiletés), à penser (habitudes cognitives), à être (expériences et dispositions affectives, sociales et humaines)?

Si le focus est sur l’enseignement et les contenus, trop d’énergie est dépensée sur une simple question/dimension de gestion de classe. Si ce focus migre plutôt vers le jeune et l’apprentissage, le point de mire devient alors vers des questions suscitant la découverte, l’engagement, l’innovation et l’apprentissage comme processus.

Savoir poser les bonnes questions… Pour le reste, la gestion des appareils numériques personnels prendra alors une toute autre tournure.

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2 thoughts on “AVAN / BYOD : savoir poser les bonnes questions

  1. « Pourtant, deux ans passées à peine, le discours dominant venant des administrateurs scolaires en étant un de blocage, parfois teinté du spectre du « méchant web » pouvant écorcher vives les pauvres brebis errantes dans le web ouvert. »
    >>> Je pense que d’ici à ce que ce positionnement change de manière généralisée, il va encore falloir attendre quelques années …

  2. Ping : AVAN / BYOD : savoir poser les bonnes questions | Blog interculturel de l’OFAJ

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