Le véritable potentiel des MOOCs

Il n’y a pas une journée qui passe sans que je n’intercepte sur mes réseaux des articles ou des commentaires au sujet des MOOC (Massive online open course) et de leur impact sur les institutions post-secondaires, notamment les universités.

L’origine des MOOCs est canadienne : Dave Cormier (UPEI) et Bryan Alexander ont avancé cet acronyme, suite à un tel cours donné par Stephen Downes et George Siemens en 2008, qui fut offert à 25 étudiants payants de l’Université du Manitoba et plus de 2300 personnes de partout au monde avec accès gratuit. Axé sur une pédagogie ouverte où des hordes de participants de partout co-créent son contenu et partagent leurs réflexions, liens et lectures portant sur le connectivisme, on y voit dans ce type de cours une myriade d’expressions via divers outils en ligne (blogues, vidéos, diaporamas, échanges sur les médias sociaux). Différents types de MOOCs ont vu le jour depuis 2008, avec des variantes importantes sur leur déroulement : edX (une coalition imposante entre MIT. Harvard et Berkeley), Udacity, Coursera, etc. D’ailleurs, Jean-Marie Gilliot décrit différents types de MOOCs dans ce billet et Stephen Downes nous offre en français sa description du MOOC.

Les universités, ces ‘sanctuaires du savoir’, n’échappent pas aux secousses fortes en éducation, à voir la nécessité d’actualiser les institutions d’enseignement et d’apprentissage à la lumière des nouvelles réalités de ce monde, hyperconnecté et les connaissances dans la paume des mains de tous. Pour certains, les MOOCs font partie d’un nouveau ‘modèle d’affaire’ des universités afin qu’elles restent pertinentes (et viables) et ainsi aller chercher ses ‘clientèles’ partout dans le monde. D’ailleurs, les fortes inscriptions à des MOOCs au Brésil, en Inde notamment sont impressionnantes. Mais comme le souligne Jeffrey Young, "The numbers, however, are more symbolic of interest in free online courses than indicative of the amount of learning taking place."

En fond de scène, c’est l’approche pédagogique à privilégier dans un MOOC qui retient l’attention. Dans cet environnement de co-construction et de collaboration, quel est le rôle du prof, celui des apprenants, acteurs principaux dans ce contexte, et quelle place occupe le ‘contenu du cours’ qui est moins exposé/livré aux apprenants mais plutôt qui se dégage de l’interaction entre eux? On est loin de la ‘transmission du savoir’ classique…

C’est Jim Shimabukuro qui touche, à mon avis (et celui de Stephen Downes) le coeur du défi des MOOCs ; sa pédagogie sous-jacente et le rôle transformé des intervenants :

The promise of MOOCs is their inclusion in the creative design of individual programs of study for degrees and certificates, and the force that will drive it is the most intimate, natural, and informal sort of dialogue that transpires between teacher and student. In this scenario, the teacher becomes guide, advisor, and facilitator; and the student, an active participant in the planning. Together, they will explore all the learning resources in the world to generate an individualized plan that meets the student’s goals and the college’s standards. When this happens, we’ll begin to realize that MOOCs, as a tsunami, have transformed rather than destroyed higher ed, and the changes will redefine the roles of students and teachers as well as the structure of courses, the sources of content, the process of learning, and the forms of degrees and certificates.

Mots-clés dans ce passage : creative design, dialogue, active participant, learning resources, transformed… Transformation en profondeur, il est vrai. Dans cette optique, c’est un tout autre modèle d’affaire pour les universités et collèges. En attendant, on risque d’en voir d’autres qui utiliseront l’étiquette MOOC pour n’offir au fond qu’un cours en grande diffusion mais où l’apprenant maintiendra son rôle classique (voire passif) tel qu’il/elle l’a fait depuis des siècles dans les ‘institutions du haut-savoir’.

Voici mes signets Diigo sur les MOOCs.

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Mise à jour 22 août
Lisa Lane nous offre ici une classification des MOOCs en trois types distincts; 1. Axé sur le réseautage et les connections entre apprenants, 2. Sur la tâche (ou les activités) à réaliser dans le cours, ou 3. Axé sur les contenus d’apprentissage.

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2 thoughts on “Le véritable potentiel des MOOCs

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