Premières impressions à #Ludovia2012

Ariège-Pyrénées, photo personnelle

(Ariège-Pyrénées, photo personnelle)

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Après une première journée particulièrement bien remplie à Ludovia 2012, où nouvelles rencontres et quelques retrouvailles accompagnaient les conférences et les échanges, je me retrouve à une table extérieure du camping Malazéou (non, non, pas dans une tente mais au balcon d’un petit chalet adéquat). Je dois maintenant gérer mon décalage horaire de 5 heures…(!) Il fait doux, la brise est bonne et le bruit d’un petit ruisseau tout près m’incitent à écrire.

Que dire? La thématique du plaisir en éducation (numérique) est source de discussions sur plusieurs facettes soulevées et soutenues par divers angles et positions : les nouvelles réalités d’interactions sociales dans un monde hyperconnecté, les usages selon les générations ou encore selon les paradigmes dominants ou émergents, l’apport de chercheurs afin de mieux comprendre des dispositions affectives, cognitives et intellectuelles des usagers, etc. etc.

D’une part, des intervenants qui relatent des possibilités technopédagogiques… pardon, pédagogiques tout court (voilà, c’est dit). Des passionnés, des mordus, des étudiants qui font déjà autrement, des gens en veille, des gens qui le vivent avec leurs élèves, qui essaient, qui n’hésitent pas à sortir de leur zone de confort, souvent devant un regard ébahi ou pas encore convaincu des collègues. Mais qu’on se le dise : TOUS veulent ce qu’il y a de mieux pour nos enfants. En d’autre mots, je ne crois pas (en tout cas je ne l’ai pas perçu) qu’on est ici à Ludovia pour faire le procès des TICE. On se demande toutefois comment faire, comment accompagner, comment former, comment évaluer et comment en faire quelque chose de plus systémique. Et ce dernier point, à l’échelle de l’éducation nationale d’un pays comme la France, avec son patrimoine éducatif qui ne date pas d’hier, semble être, pour certains, une utopie : les murs de la boîte de laquelle on nous demande de sortir pour réfléchir (Think outside the box) sont épaissis par des années d’expérience et d’héritage scolaire. En tout cas, je la perçois celle-là.

Tiens, ça me rappelle le personnage de Fletcher Christian, ce second accusé de mutinerie dans Mutiny on the Bounty. J’en croise ici (et dans mon réseau), des Fletcher Christian. Je croise aussi des capitaines de navire qui, de plus en plus, ne condamnent pas à la planche mais plutôt qui commencent à repenser la façon de naviguer le bateau de leur institutions scolaires.  Peut-être qu’il faudrait repenser l’école navale qui les a formés. Et puis, repensons aussi l’itinéraire de ces bateaux. En tout cas, la métaphore me semble intéressante.

C’est que, pour le bénéfice des lecteurs qui ne connaissent pas tellement l’endroit d’où je viens (« Ah non, je ne suis pas du Québec, madame »), je travaille dans un système d’éducation jeune (quelques décennies à peine en Acadie du Nouveau-Brunswick, ma patrie) et, en toutes proportions gardées, très petit. Une centaine d’écoles, 3 districts scolaires et un ministère de l’Éducation avec une dualité linguistique unique au Canada (rappel : au Canada, l’éducation et la santé relèvent de chaque province, pas l’État). On se connait et on se parle relativement plus facilement. Notre petite taille nous sert bien à cet égard. La façon de ‘faire l’école’ est particulière : une école très inclusive, dont la mission est double. La réussite scolaire ET la construction identitaire des jeunes, essentielle dans cette mare anglo-dominante nord-américaine. Une question de survie. Point. Ceci dit, nous avons aussi notre lot de Fletcher Christian, de capitaines qui explorent de nouvelles façons de naviguer et le désir d’actualiser nos itinéraires. La communauté est sur le pont avec nous, sur la plupart des bateaux. Le numérique occupe un bel espace et les explorations nous font découvrir de superbes îles peu répertoriées. Mais chez nous aussi, il y a un besoin de démystification du potentiel pédagogique des outils numériques et mobiles (d’abord) et d’accompagnement pédagogique (ensuite) pour une intégration judicieuse.

 Je reste persuadé que le voyage en mer en vaut la peine car je l’entends souvent ici : oui, nous vivons des moments exaltants en éducation!

 Je continue d’apprendre à Ludovia.

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