Ludovia 2012 : des réseaux actifs, de la pédagogie, des usages numériques et des structures

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(Photo personnelle)
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Sur la route du retour de la rencontre Ludovia 2012, je prends un peu de recul afin de dégager des impressions face à quatre journées bien remplies, dans un décor enchanteur.

Sous le thème assez ouvert du ‘Plaisir et éducation numérique’, celui-ci aura rapidement évolué, pour plusieurs, vers la notion de plaisir d’apprendre et d’enseigner, tout court — j’insiste : technopédagogie = pédagogie. Le plaisir n’est pas celui de la facilité. Ce plaisir, c’est ce qui éveille la passion, l’engouement et inclut l’effort; la rigueur intellectuelle présente dans l’activité d’apprentissage amène l’apprenant, que ce soit l’élève ou l’enseignant, à scruter, questionner, essayer, confronter, vérifier, produire, créer. Motivation à le faire, motivation à offrir. Motivation, ou satisfaction, en bout de piste. Motivation à faire le bilan, motivation à recommencer.

La technologie, c’est le catalyseur, l’amplificateur ici. C’est Laurence Juin qui le dit bien :
« Le numérique m’a apporté un nouveau plaisir. Renouvellement des supports, découverte d’outils, création d’un réseau professionnel ouvert en constante évolution mais surtout, SURTOUT : un renouvellement de ma pédagogie. Amener l’élève à une vraie place en classe, à le motiver, à l’engager, à le rendre autonome dans ses savoirs et ses apprentissages…
Ce n’est pas le numérique seul qui m’a amené sur ce chemin mais bien le plaisir à enseigner avec le numérique
. »

Cette affirmation traduit très bien qu’à Ludovia, c’est aussi un moment de retour sur sa pratique; une pratique qu’on isole du cadre organisationnel dans lequel on opère afin que les constats soient aidants mais rapidement, on constate que son reférentiel pédagogique personnel est teinté, marqué, influencé par ce cadre. On est tous un peu façonnés par le système, les valeurs qui la caractérisent et les processus qui l’opèrent. En autant qu’on puisse continuellement se renouveler, sinon c’est la sclérose professionnelle.

Côté outils et usages numériques, le mobile (appareils intelligents, tablettes) domine. Oui, il y a la présence de TBI mais celui-ci n’est plus LA référence technopédagogique. Souhaitons quand même de voir en aval l’émergence et le partage d’encore plus d’exemples d’usages judicieux du TBI comme source d’inspiration aux utilisateurs qui en font usage. Pour revenir au mobile, c’est AVAN, applications, conditions propices, connivence technos-éducateurs, responsabilité à l’usage et défi de mettre en place des activités engageantes et centrées sur l’élève qui ont retenu mon intérêt.

Jeux sérieux : beaucoup de développements et de recherche… Je reste toutefois sur ma faim (mais néanmoins impressionné par la qualité des interventions, autant chez les chercheurs que chez les profs)… SVP, parlez-moi plus de jeu sérieux qui propose un environnement immersif où le jeune se retrouve en situation complexe et où il a l’occasion de personnaliser, de produire, de créer, d’interagir avec d’autres et, surtout, d’oser, d’essayer [lien avec la rigueur intellectuelle, plus haut]. Moi, Mario Bros, ça me déprime. Voilà, je le dis et je l’assume.

2012, l’année des discours politiques en éducation, en France comme au Canada. Ludovia n’a pas fait exception. Le discours des élus et des collectivités locales sur des enjeux d’éducation et d’usages numériques m’aura permi de mieux comprendre l’organisation géopolitique. Surtout avec les sbonnes explications impromptues offertes par L. Juin :-)

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(Photo Instagram L. Juin)

La structure de gouverne, de gestion, d’accompagnement pédagogique. Couloirs aériens distincts et isolés ou passerelles (présentes ou à créer) entre elles? Beaucoup de discours, des volontés détectées, mais toujours de la place pour du leadership déterminé. Pendant ce temps, sur le terrain…

Une lacune identifiée, ou plutôt un souhait pour les prochains Ludovias: plus de témoignages d’élèves, SVP. Ils ont quelque chose à dire et à montrer. Des apprentissages réalisés, oui, mais aussi des idées à contribuer. Ce n’est pas juste pour la ‘société de demain’ mais aussi, surtout celle d’aujourd’hui.

Et puis, cette collégialité qui est là, en (grande) partie à cause de la présence établie sur des réseaux sociaux numériques… Une communauté d’intérêt et de pratique, qui a plaisir (encore lui) d’être en face-à-face, le temps de quelques jours : communauté de blogueurs-éducateurs-enseignants et celle des chercheurs (quoique moins en ligne, celle-ci)… Là aussi, besoin de plus de passerelles entre ces deux groupes d’intervenants. Les liens fortement tissés avec ceux de mon réseau d’apprentissage, mon PLN : des amitiés confirmées! Vous m’inspirez. Point.

À Ludovia, c’est un consensus sur la pertinence de ‘voir comment on fait ailleurs’, de part et d’autre. En écoutant l’autre, cela nous éduque sur les spécificités des approches, des espaces, des structures en place (et celles souhaitées) et aussi (souvent) des contraintes systémiques qui freinent la mise en place et l’essor de climats d’apprentissage innovants à la hauteur des possibilités (techno)pédagogiques évoquées. Et la réflexion sur ces spécificités se retourne ensuite sur SA réalité et son territoire. Cela nourrit l’introspection professionnelle individuelle, absolument essentielle pour toute transformation éducative, qu’on soit de la salle de classe ou qu’on intervienne à l’échelle du système.

Merci Ludovia et à une prochaine fois, je l’espère!

2 thoughts on “Ludovia 2012 : des réseaux actifs, de la pédagogie, des usages numériques et des structures

  1. Complètement d’accord sur les jeux sérieux par rapport aux rencontres auxquelles j’ai participé cette année, on se retrouve vite à réviser des tables de multiplications ou à choisir la bonne conjugaison d’un verbe…. Où sont les serious game qui permettent aux élèves d’appréhender de véritables notions et concepts à travers des stratégies multiples et diversifiées ? Le serious game serait-il cantonner aux connaissances pures et tâches procédurales ou la tâche complexe et les compétences sont-elles envisagées ? Bref, je reste moi aussi sur ma faim…

  2. Ping : Synthèse 2012 : la vraie destination, c’est le voyage. « L'espace à Zecool

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