Dialogue avec le Ministre


Nouveau régime, nouvelles habitudes. Je vous présente le premier « Bulletin d’information » de notre nouveau ministre de l’Éducation, Kelly Lamrock, distribué au personnel du ministère de l’Éducation par voie d’un courriel.

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« I put a dollar in a change machine. Nothing changed. » — George Carlin
( J’ai placé un dollar dans un distributeur pour le changer en monnaie. Rien n’a changé.)

Voici le premier de mes bulletins hebdomadaires à tout le personnel du ministère de l’Éducation. Je tiens à vous assurer qu’à la suite de mon arrivée, je ne deviendrai pas une espèce d’ermite, un ministre qui disparaît au quatrième étage et qu’on voit rarement. Votre travail est pour moi d’une grande valeur. Alors, je vous offre un bulletin hebdomadaire pour vous renseigner sur mon travail et vous demander une rétroaction ou de me faire part de vos idées.
Cette semaine, la déclaration de George Carlin me revenait souvent à l’esprit. Évidemment, nous travaillons ici parce que nous voulons améliorer la situation pour les enfants dans nos écoles. Toutefois, il est impossible de changer rapidement un aussi grand système et nous ne voulons pas le changer juste pour changer.

On pose de bonnes questions dans le PAQ (ndlr : Plan d’apprentissage de qualité, conçu par l’ancien régime au N.-B.). Littératie et intervention précoces. Atteindre les élèves dans la moyenne dans un système trop souvent axé sur la gestion de crises. La reddition des comptes et les évaluations. Alors, nous allons continuer de travailler dans ce sens. Toutefois, nous allons faire des ajouts. Dans certains cas, nous allons ajouter des ressources et mettre en œuvre des solutions. Nous allons ajouter des questions oubliées. Nous allons vérifier ce qui ne fonctionne pas. Nous allons penser à propos de certaines présomptions sur le fonctionnement du système, sur la façon que le système d’éducation pourrait être plus innovateur, les récompenses pour la prise de risques, le choix des parents et le leadership local. Nous allons nous demander comment les écoles peuvent offrir leurs services à toute la collectivité ou comment découvrir plus tôt les troubles d’apprentissage, ou encore comment offrir une gamme plus variée de cours.

Durant les six prochaines semaines, je visiterai tous les districts et des douzaines d’écoles. J’ai demandé de visiter les classes dont les enseignants font preuve d’innovation. J’aimerais demander aux élèves qu’est-ce qui les pousse à apprendre et ce qui leur donne le goût d’apprendre. Je tiens aussi à parler aux parents. J’ai posé trois questions qui englobent les changements auxquels il faut s’attendre. Je vous les présente ci-après afin d’obtenir vos idées.


1. Comment encourager et récompenser les enseignants et directions d’écoles qui font preuve d’innovation? Saviez-vous que les étudiants en éducation à l’Université St Thomas ont souvent une moyenne pondérée cumulative plus élevée que les étudiants d’une école de droit? C’est absolument vrai. Les enseignants d’aujourd’hui sont des champions, ils ont deux baccalauréats et ils ont dû montrer une passion réelle pour l’enseignement pour être admis à l’université. Si nous voulons faire preuve de leadership en éducation ce sera grâce à l’ensemble de nombreuses petites innovations et non en attendant pour l’arrivée d’une grande idée ministérielle.

2. Comment intervenir plus rapidement et de façon plus efficace pour les élèves ayant des besoins spéciaux? C’est un grand défi à relever, car le leadership en éducation signifie que tous montent à bord. Il importe aussi de souligner que les besoins spéciaux englobent à la fois les élèves ayant des troubles d’apprentissage et les élèves doués.

3. Comment faire pour que chaque enfant découvre quel est son talent, ce qui le passionne? Mon mentor en éducation, Chip Anderson, était un expert pour ce qui était de trouver un moyen de garder les élèves à l’école. Il disait qu’il fallait étudier les personnes remportant du succès afin de déterminer ce qu’ils faisaient de bon au lieu de demander quelles étaient les erreurs des autres. Il a découvert que les personnes douées connaissaient leurs points forts et s’en servaient pour trouver quelque chose qui les aiderait à continuer et à vaincre les obstacles. Alors, pourquoi offrons-nous dans les écoles des cours de musique et d’art, des activités parascolaires, une formation pratique, de bonnes bibliothèques et des cours techniques? Parce que c’est ce qui donne aux enfants le goût d’apprendre.

Donc, c’étaient mes trois questions. Pour que le système fonctionne, je dois prendre en considération vos réponses en plus des miennes. Après mes visites, ce sera le temps de fixer de nouveaux objectifs qu’il nous faudra atteindre ensemble. Je me réjouis à la perspective de travailler avec vous. Je serai très heureux de recevoir vos idées. Envoyez‑moi un courriel à kelly.lamrock@gnb.ca N’hésitez pas à parler franchement. Prenez des risques et osez remettre en question. Les personnes avec qui je travaille n’ont pas besoin de se censurer. Après tout, une culture de l’innovation doit commencer ici pour que tous se sentent libres de parler et de faire part de leurs idées.

Bonne semaine!
Kelly Lamrock

Ministre de l’Éducation

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Un vent d’air frais…

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4 commentaires

  1. On peut échouer. En matière d’éducation, la tâche est tellement difficile qu’il paraît presque impossible d’en venir à bout. Encore faut-il que l’on choisisse la bonne route et qu’on s’y élance avec courage. Je me souviens de François Ricci, mon professeur de philosophie à la faculté de Nice (France)et du vers de Péguy qu’il citait à propos de Descartes: ‘Ce cavalier français parti d’un si bon pas’. Autrement dit, il ne me paraît pas trop grave d’échouer pourvu qu’on ait fait signe vers quelque chose qui a un sens. Les objectifs que vous vous fixez, Monsieur le ministre, nous donnent envie de rejoindre votre province à la nage….

  2. Ces questions, nous nous les posons depuis des des dizaines d’années en France et chauque minitre y va de son petit texte. Aucune vision à long terme, aucune perspective sérieuse puisque les rémédiations ne prennent pas en compte la globalité des données qui engendrent des difficultés scolaires ou que les difficultés scolaires traduisent.

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