Synthèse NECC 2008

(photo personnelle prise d’un trottoir du centre-ville de San Antonio, représentant l’étoile du Texas et l’Alamo)

Les Américains aiment faire les choses en grand, encore plus au Texas. Avec 11 000 congressistes et la plus grosse foire commerciale de produits éducatifs, facile de s’y perde. C’est alors qu’on essaie de faire des choix d’activités qui répondent le mieux possible à nos attentes. Dans mon cas, je peux affirmer que la majorité des ateliers auxquels j’ai assisté m’ont plu, ou plutôt, m’ont permis de réfléchir sur différents aspects entourant l’école, les apprentissages au 21e siècle et le rôle des technologies. Voici mes coups de cœur, les navets et les points à améliorer :

  • Les écoles virtuelles performantes et bien structurées – J’ai entendu et discuté avec des gens dont les yeux scintillaient de leur passion. Leur camaraderie entre membres d’une même équipe témoignait d’une collégialité stimulante et positive. Le cadre dans lequel ils travaillent est loin d’être improvisé ; des politiques, des pratiques et des « lieux » (physiques ou virtuels) de rencontre font en sorte que des États comme la Virginie, l’Alabama, le Mississipi, la Louisiane, la Georgie et la Floride (pour ne nommer que ceux-ci) font preuve de leadership dans le domaine de la FAD au niveau M-12. Et puis, ça m’a fait réaliser à quel point nous affichons peu (pas assez) nos réalisations et succès dans ce domaine. J’ai vraiment besoin d’avoir une bonne stratégie de marketing ici K
  • Je lève mon chapeau à la compagnie Desire2learn (non, John Baker ne m’a pas demandé d’écrire ça J). D’abord, leur kiosque (incontournable) était très modeste, sans feux d’artifices, avec 2 employés à l’écoute et prêts à démontrer et à répondre aux questions des curieux. Mais surtout, lors d’un souper offert par eux, nous avons, de façon très détendue et réfléchie, fait une belle réflexion sur l’apport des technologies web 2.0, la sécurité des élèves dont chaque éducateur professionnel et administrateur scolaire a la responsabilité et le devoir d’adresser, l’exploitation pédagogique et judicieuse de multiples technologies, widgets, plateformes, gugusses (solutions libres ou commerciales) pour favoriser l’apprentissage. Et puis, ce steak texan était sublime J.
  • L’impact du Canada et les connexions globales :
  • Mali Bickley et Jim Carleton, deux enseignants de Toronto, ont ému les milliers venus les écouter. Ils caractérisent tellement bien ce que la profession enseignante doit être : aimer les enfants, faire preuve de compassion, innover dans leur pratique (ils sont tout sauf des « techno-geeks » – on apprend en faisant des choses pertinentes). Ce qui me plaît encore plus, c’est que je SAIS qu’il y a beaucoup d’autres Mali et Jim dans nos écoles. Il faut les amener à l’avant-scène afin qu’ils servent de modèle et d’inspiration pour tous les enseignants !
  • Taking it Global.org – Sous le leadership du jeune Michael Furdyk, ce groupe est en train de faire sa marque, partout. Avec un portail et des outils en ligne (qualité du français très élevée) invitant les élèves et les enseignants à s’engager dans des causes nobles et justes (environnement, justice sociale, etc.), une planète à améliorer est à la porte. Ayany aussi le dossier du leadership avec les conseils des élèves du Nouveau-Brunswick, je me suis engagé à amener mes jeunes Acadiens et Acadiennes vers ce giron; espérons que ça va « pogner ».
  • Dans la même veine, des connexions globales via les réseaux iEarn.org et Flat Classroom Project offrent l’occasion de relier le monde. En français, je pense aussi à nos amis du ProjeTICE.fr. Je retiens les mots de Julie Lindsay : pour réussir dans ces projets, ceux-ci doivent être de nature HOLISTIQUE, MULTICULTUREL et TRANSDISCIPLINAIRE.
  • Le backchanelling impressionant en marge du NECC 2008 : La liste est imposante. Des blogueurs, des wikis et des Twittters, partout. Un peu trop vaste pour tout suivre. Donc, je m’arrête à certaines adresses, c’est tout. La force de ces canaux de communication est dans son instantanéité et comme pour Wikipedia, son pouvoir auto-régulateur, ou du moins, on a le pouls assez vite merci de ce qui se passe. S’il y a controverse, hop! les opinions sont exposés, les débats se font, et ce, de façon civilisée et courtoise; on s’en prend aux idées, pas les gens. Très sain et très fort. Mais je me demande : pour le non-blogueur, cette présence et cette prolifération risque-t-elle d’être un peu trop intimidante? En voyant un Blogger’s Café bondé et fourmillant, quelqu’un pourrait se dire que c’est seulement pour les initiés… D’Autre part, ça peut donner un p’tit coup genre « ouais, ça y est, j’essaie cela… on nous dit de faire quelque chose, voilà, je débute ici. ». Incremental change, dit-on en anglais; le succès engendre le succès.

  • Hall Davidson (Discovery Education Network) : Quel showman!! Les cellulaires dans les écoles? Disons seulement ceci : 3,3 milliards de cellulaires actifs dans le monde et seuls les talibans et nos écoles les interdissent! Dans les deux prochaines années, surveillons toutes les percées technologiques disponibles dans la paume de la main. On n’a pas fini d’en voir, voyons maintenant comment bien les utiliser pour l’apprentissage.
  • EduBloggerCon 08 : victime de son succès, peut-être? En tout cas, les organisateurs travailleront sûrement à améliorer le format de cette non-conférence la prochaine fois, qui doit justement rester comme cela : une rencontre informelle et des échanges libres… Je suis confiant que de tous ces commentaires constructifs.

  • Mes petites déceptions : le cirque hyper-commercialisé de la salle d’exposition (certains kiosques ont coûté plus d’un million de $US); David Warlick (même message qu’en 2006 et 2007, mais…); la session sur les tablettes PC (le traitement du sujet, pas le sujet lui-même); toutes ces autres sessions que je n’ai pas pu assister (mais dont on a laissé des traces, vive le web participatif); et enfin, ce que j’ai ressenti/entendu chez tellement d’enseignants ordinaires qui étaient là, soit cette obsession sur la sécurité, genre « nos brebis se feront écorchées vives par les gros méchants loups si on ouvre quoi que ce soit » . Les ressources proposées de la session du dimanche matin sauront les guider, certes. Autre son de cloche entendu : certains galvaudent le discours sur la pédagogie et l’apprentissage. C’est un peu l’effet pervers des nouveautés technologiques. Il faut apprendre à regarder au-delà du WOW! initial et mesurer la pertinence d’une solution technologique sur son dénominateur commun : l’élève qui apprend!

Et puis, en terminant, il y a ce billet de Clarence Fisher, un manitobain qui dit à l’Amérique ce qui ne va pas dans son système d’éducation publique :

« I’ve been lucky enough to meet some of the most innovative, inventive people involved with your education system America. They are kind, bright, and open people. willing to share and willing to think in new ways; you should be very proud of them. But I don’t think you’re getting it. People like David Warlick and Will Richardson keep telling their concerns about how the world is changing. But I don’t hear many people talking about classrooms, or about how these concerns and worries about a changing world look like in practice. Many of your educational thought leaders are frustrated by a system that doesn’t seem to honour them and their creativity. They are hampered by the complete dominance of artificial testing and by corporations who are controlling the debates that surround change. Many of them have unfortunately been driven out of your classrooms, right where you need them the most. (…) I don’t mean to be critical America, but I do think that you need a critical friend. I’m hoping that as someone who is an outsider, but also a neighbour who sees what is happening in your house, you’ll understand that I am worried about you. The world has changed around you America. The debates have changed. We are past dealing with flashy tools and are more interested in debates about pedagogy and learning instead of testing and controlling. Transparency, openness, and sharing the learning are the fastest way forward and this means that you need to change your thinking. »

Qu’il a donc raison. J’ai croisé des gens passionnés par leur travail et les enfants. Les É.-U. ont tout intérêt à leur faire plus de place. Ces « flashy tools », qui pullulaient la salle d’exposition, qu’ont les éteignent donc un moment et parlons apprentissage et pédagogie, et sur comment on peut commencer à améliorer réellement les écoles. Ensuite, on pourra rallumer (ou inventer) celles qui pourront alors avoir un impact signifiant dans ce contexte actualisé. C’est comme cette vidéo de Sir Ken Robinson, qui dit (à la 24e minute) que le défi n’est pas de réformer l’éducation, mais de la transformer.

En conclusion, je veux simplement dire que conserve d’excellents souvenirs de cette conférence et des gens et lieux de San Antonio. Ce fut un privilège et un plaisir d’y être. ¡Hasta luego!


Mise à jour : Cette réflexion de Will Richardson en dit long… Tout en se demandant (avec des *soupirs* ressentis d’ici) comment longtemps faudra-t-il continuer d’avoir les mêmes discours dans les conférences du genre, avant un RÉEL changement systémique, j’attire votre attention sur le commentaire de Nancy (le 4e je crois), qui dit à Will de continuer à parler de tout ceci aux enseignants. Cela contribue d’avancer, un enseignant à la fois, toujours vers ce point d’inflexion. Persévérance est le mot d’ordre, j’imagine…

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2 commentaires

  1. Une chose est certaine Jacques, tu as fait une super job de blogueur. J’ai pu suivre le NECC grâce à toi et chacun de tes billets me faisait sentir comme si j’étais à San Antonio.J’ai bien hâte de voir de quelle façon les édublogueurs vont ajuster les modalités de participation au EduBloggerCon.Est-ce qu’ils ont annoncé où se tenait le NECC l’an prochain?Ah oui, j’oubliais; j’ai su que Charles Sol (de ÉduMédia) était présent à SA… Est-ce que vous vous êtes vus?

  2. Merci Mario. Au fond, la raison première d’avoir fait ceci est tout à fait personnelle; cela m’a permis de consolider et d’assimiler le contenu des sessions et des événements adjacents.L’an prochain (du 28 juin au 2 juillet, je crois), ce sera à Washington, D.C. (encore plus près de nous).Zut de zut et re-zut zut!! Charles à SA?? On s’est manqué. Perdus parmi 17 000… Dommage.

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