Ce que nous disent les jeunes. Faudrait écouter, hein?…

En prenant un moment lors de ma pause du midi, je viens m’abreuvoir à mes sources d’info; Twitter, Bloglines, réseau Delicious. Comme toujours, on y fait des trouvailles plus que rafraîchissantes. Aujourd’hui ne fait pas exception. Le blogue de la Société GRICS, Apprendre à distance (alimenté par Geoffroi Garon) recèle de bons articles pertinents. En particulier celui-ci, qui liste le Top 10 des impacts des technologies éducatives selon les jeunes en 2008 (K-12).

Via un sondage du Project Tomorrow, les élèves ont indiqué ce qu’apporteront les technologies éducatives, selon eux. Voici ma traduction libre, un peu synthétisée, du Top 10 (Mes commentaires personnels sont en italique) :

  1. Le fossé numérique vit toujours et ne cesse de s’accroître, notamment entre élèves et adultes (parents et enseignants). Malgré les efforts et les investissements, les élèves « baissent le régime » (They
    power down) quand ils arrivent à l’école et « remontent le son » quand ils la quittent.
  2. L’hétérogénéité chez les natifs numériques – Sont pas tous pareils, les ‘eunes! Comportements et attitudes entre jeunes de 5e année et ceux de 11e année diffèrent; ceux de 5e année (i.e. 11 ans) ont 5X plus tendance à fréquenter mondes/espaces virtuels que ceux de 17 ans…
  3. Une explosion d’appareils mobiles! Au grand dam des directions récalcitrantes, une majorité d’élèves ont leurs cell, lecteurs MP3 et Smartphones avec eux. (**Note de zecool : ceci me rappelle ce billet de Darren Draper
    Une phrase clé à retenir = « Not only do we need to change the way we test, but the way we teach – and all this because of the ways that our students can now learn. »
  4. Nouveaux obstacles pour l’usage des TIC à l’école – Usage des technologies à l’école demeure une source majeure de frustrations chez les jeunes. Facteur 1 est (toujours) le blocage/filtrage et les pare-feux. Un nouveau facteur décrit : les enseignants. Les jeunes disent que c’était mieux AVANT que les enseignants ne reçoivent de la formation sur l’usage d’outils. (Ceci me fait dire qu’il y a encore/toujours un référentiel pédagogique à actualiser ici…)
  5. « Laissez-moi utiliser MON appareil! » – Demande sans équivoque pour qu’ils puissent utiliser leurs appareils (portables, cell, MP3, Smartphones et accéder le réseau de l’école. (Je vois d’ici des responsables informatiques et des administrateurs se tirer les cheveuxMais quelle belle occasion d’éduquer le jeune sur un bon usage du web!)
  6. L’apprentissage en ligne, pour les bonnes raisons – Un quart des élèves au secondaire ont une expérience d’apprentissage en ligne (*Je peux confirmer que cette proportion est semblable ici au NB francophone, du moins en 11e et 12e années), surtout à partir d’une initiative personnelle, pas celle de l’école. Les adultes voient les cours en ligne pour déboucher un embâcle administratif (horaires, etc.) alors que les jeunes les voient comme une occasion d’apprentissage supplémentaire. Sujet le plus sollicité comme cours en ligne? Les mathématiques.
  7. Les habiletés du 21e siècle et le gaming
    – Ils nous disent que l’intégration des technologies des jeux (gaming technologies) les aide à développer des habiletés de pensée critique, de prise de décisions, de travail d’équipe et de créativité (Toutes des habiletés qu’on retrouvent écrites en caractères gras de nos cadres théoriques officiels, en passant). Leur source pour affirmer ceci? Ce qu’ils apprennent à l’extérieur de l’école; plus de 2/3 des jeunes interagissent avec d’autres, en ligne, dans une variété de jeux électroniques, pendant 8 à 10 par semaine! Les filles préfèrent les jeux sur ordinateurs, les garçons préfèrent les jeux par cellulaire. Les jeux électroniques ne sont plus l’affaire des gars maintenant!
  8. Les technologies et l’engagement social
    Les réseaux sociaux tels que FB et MySpace continuent d’être populaires chez les jeunes mais une nouvelle tendance se dresse à l’horizon : utiliser le web pour la création et la diffusion de groupes à intérêts spéciaux (10% chez les jeunes de la 6e à la 8e année). Et 15% ont participé à des sondages en ligne portant sur des enjeux planétaires, alors que 17% utilisent internet régulièrement pour la recherche d’informations sur des enjeux locaux ou mondiaux.
  9. Appel aux écoles du pays (É.-U.) : Réveil! – Le fossé, ou les différences, entre les jeunes eux-mêmes (c.-à-d. entre ceux qui connaissent les technologies de façon avancée et ceux qui les connaissent moins bien) est reflété par leur auto-évaluation de leurs habiletés techniques. Si près de 50% des jeunes disent que l’école les prépare bien au 21e siècle, cette proportion chute à 23% lorsqu’on interroge les jeunes qui connaissent les technologies de façon avancée. Synthèse : nos élèves les plus futés en matière de TIC donnent la note « Échec » aux écoles!
  10. Le nouveau visage de l’apprentissage personnel : l’apprenant « agent libre » – La tendance numéro 1 de cette consultation de 2008 est l’émergence de l’apprenant agent libre. On peut le caractériser comme suit :
    1. Détaché des écoles « traditionnelles »,
    2. Stimulé par la création de son propre contenu pour apprendre,
    3. Régulièrement engagé dans l’établissement et la participation active dans des communautés d’apprenants et de réseaux sociaux, et
    4. Drôlement futé dans la collecte et le traitement de données qui appuient sa démarche d’apprentissage expérientiel.

    Ces nouveaux apprenants se disent responsables de leur apprentissage puisqu’ils ne croient pas que l’école en est capable (lien direct avec le point 9). Ils se sentent avoir les pleins pouvoirs sur les apprentissages à réaliser, grâce aux technologies émergentes. Ces apprenants agents libres redéfinissent l’éducation de la prochaine génération, alors que la plupart des écoles ne savent même pas qu’ils existent!

    Bienvenue en 2009!!

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6 commentaires

  1. J’ai bien aimé lire ton article et je suis d’accord qu’il y a plein d’obstacles pour l’intégration des TIC à l’école.

  2. Très intéressant. Cela rejoint plusieurs des constats que nous faisons en bibliothèque publique en ce qui concerne la clientèle des jeunes. Et ceci nous amène à redéfinir notre approche et notre offre de services. Les écoles et les bibliothèques publiques auraient intérêt à réfléchir ensemble et à collaborer davantage.

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