La rentrée scolaire en Acadie du N.-B.

Ce matin, j’ai accompagné ma fille à sa nouvelle classe de 4e année. Fébrilité, sourires, retrouvailles. « Qui sera dans ma classe? Où est mon pupitre? Mon casier? Comment transporter ce cargo de matériel scolaire (ah oui, papa, apporte mes deux sacs pleins à craquer, SVP) ». Stationnement bondé, des gens partout, en général de bonne humeur. Tiens, dans un coin, un papa qui réconforte son fils qui verse quelques larmes. Ensuite, l’accueil souriant et chaleureux de celle qui sera l’enseignante de ma fille pour la prochaine année. Bonjour madame Lison! Ahh, la rentrée… Des rituels qui ne changent pas.

De retour au bureau, je reçois ce courriel qui contient l’ensemble des divers articles rédigés et publiés, surtout dans le quotidien d’ici, L’Acadie NOUVELLE. Afin de vous donner une idée, voici la succession des articles :

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Déceler les initiatives qui fonctionnent
DIEPPE – Après quelques années d’efforts concentrés en littératie 2e année, qui semblent porter leurs fruits, le ministère veut maintenant s’attaquer à la littératie 5e année, aux sciences et aux mathématiques.

«Notre stratégie était de, premièrement, concentrer nos efforts en littératie pour que l’enfant apprenne à lire et ensuite qu’il puisse lire pour apprendre», a résumé le ministre adjoint, Roger Doucet. Celui-ci s’est dit surpris du nombre d’initiatives qui ont été prises en littératie dans les écoles au cours de la dernière année. Il note aussi la générosité de chaque école de partager ses bonnes initiatives avec les autres établissements. M. Doucet a dit avoir reçu des appels d’écoles à la fin de l’année scolaire qui disaient qu’ils avaient fait de grands efforts, mais que les résultats avaient quand même chuté. D’où l’importance d’analyser les résultats et d’identifier les initiatives qui fonctionnent bien et celles qui ne permettent pas d’avoir les résultats escomptés. «Un enfant qui échoue est un enfant qui n’a pas ce qui lui faut pour continuer», a-t-il ajouté. – JÉ
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Du retard par rapport aux anglophones
DIEPPE – Le ministère de l’Éducation l’admet, le secteur francophone accuse un retard par rapport au secteur anglophone. Mais attention, disent les fonctionnaires, il est difficile de le quantifier et les résultats au bout du compte sont très semblables. Au cours des dernières années, des intervenants ont souvent déploré que le secteur francophone accuse un retard d’un an par rapport aux élèves de
l’autre communauté linguistique. Selon le directeur des évaluations provinciales du secteur francophone du ministère de l’Éducation, Robert Laurie, ces affirmations provenaient d’une analyse externe réalisée avec les résultats de l’évaluation internationale PISA comme base. M. Laurie explique qu’il y a certaines limites à l’interprétation des résultats qui ont conduit à la conclusion du retard d’une
année, sans préciser advantage sur le sujet. Un retard de 10 mois? De 11 mois? D’une année? Difficile de quantifier quant à lui. Il ajoute cependant qu’il est clair que les francophones hors Québec, de façon générale, ont certains défis que la population majoritaire n’a pas. «De façon globale, les finalités de l’école secondaire sont très, très semblables», mentionne pour sa part le sous-ministre de
l’Éducation du secteur francophone, Roger Doucet, qui ajoute que les compétences des diplômés des deux groupes linguistiques se ressemblent. La façon d’y arriver et le cheminement diffèrent, a-t-il précisé. Avec le principe de dualité, chaque secteur développe ses propres programmes d’études, qui sont différents. Idem pour les évaluations. Les bonnes stratégies seraient cependant de plus en plus
partagées et les approches, comparées, mais les décisions demeurent indépendantes. – JÉ

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L’Acadie NOUVELLE vous présentera un dossier fouillé sur la
rentrée des classes.

Voici ce que vous pourrez lire dans nos pages
au cours des prochains jours.
Mercredi 9 septembre
– Une analyse des résultats 2008-09 des élèves des Districts 9 (Péninsule acadienne) et 1 (Sud).
Jeudi 10 septembre
– Une analyse des résultats 2008-09 des élèves des Districts 3 (Nord-Ouest) et 11 (Kent).
Vendredi 11 septembre
– Une analyse des résultats 2008-09 des élèves des Districts 5 (Chaleur et Restigouche).
– Un portrait des écoles qui réussissent bien.
Samedi 12 septembre
– Analyse et commentaires sur la fluctuation de la population étudiante dans le système scolaire francophone.

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Sciences: un nouveau programme fait la vie dure aux jeunes
DIEPPE – En sciences 5e année, il est difficile de constater l’évolution des résultats des élèves puisqu’un nouveau programme, accompagné d’un nouvel examen, a été mis en place lors de la dernière année scolaire.
Par : Jessica Ébacher
jessica.ebacher@acadienouvelle.com

Le programme a été mis à l’essai l’année précédente dans certaines écoles et a été instauré dans tous les districts en 2008-2009. Presque automatiquement, les résultats qui ont suivi ont chuté. La moyenne provinciale du taux de réussite est passée de 83 % à 65 %. Le directeur des évaluations provinciales du secteur francophone du ministère de l’Éducation, Robert Laurie, ne s’inquiète pas de cette baisse. Lors d’une première année d’un programme, il y a souvent des ajustements à faire. Le système prendra selon lui une année ou deux à intégrer les nouvelles composantes. Et ce, pour le mieux de l’enfant, souligne-t-il. En analysant les évaluations internationales PISA, le ministère a constaté que la province était en retard dans les compétences transmises aux jeunes dans les sciences.

D’où l’idée de modifier les programmes pour que les jeunes aillent chercher les connaissances qu’ils doivent avoir pour évoluer. En s’attardant au diagramme de sciences, 5e année, les courbes de croissance du taux de réussite se suivent. Les taux des districts s’étaient améliorés pendant les dernières années et des chutes variant entre 15 et 20 points de pourcentage ont été enregistrées cette année.

Au District scolaire 1, après avoir suivi la ligne de la cible provinciale de 90 % entre les évaluations de juin 2007 et de juin 2008, les résultats ont descendu considérablement cette année à moins de 75 %, ce qui équivaut au taux obtenu en 2005-2006. Au District scolaire 3, le taux était aussi parallèle et non loin de la cible provinciale entre juin 2007 et juin 2008, soit aux alentours de 88 %. Lors de la dernière évaluation, le district a toutefois obtenu le plus bas taux, soit 60 %. Le District scolaire 5 avait connu une belle remontée entre 2005- 2006 et 2006-2007, passant de 72 % à 85 % environ. Le taux avait légèrement fléchi au cours de la période suivante, le ramenant à environ 83 %. Cette année, un peu plus de 65 % des élèves ont atteint le seuil de réussite. Le taux de réussite du DS 9 a chuté lui aussi cette année, pour se rendre à environ 66 %, mais il est celui, avec le District 5, qui a perdu le moins de points de pourcentage, soit 17. Il faut dire que son taux était aussi le plus bas de la province l’année précédente. Le District scolaire 11 est quant à lui retourné sous la moyenne provinciale comme c’était le cas en 2005-2006 et 2006-2007 et a atteint sensiblement le même taux de 2005-2006, soit environ 64 %. L’année précédente, il était au second rang avec un taux de près de 89 %.

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Le «bébé malade du système» doit changer
DIEPPE – Le ministère de l’Éducation et les districts scolaires s’attarderont de plus en plus, cette année et dans les années à venir, à la dynamique particulière des 6es, 7es et 8es années, qui sont en plein dans l’âge critique de l’apprentissage. Le sous-ministre Roger Doucet note que les enfants qui étudient en 6e, 7e et 8e année prennent de la maturité plus rapidement qu’avant et demandent une approche particulière. Le vrai décrochage se fait plus souvent au secondaire, au dire de celui-ci, mais des recherches démontrent que le décrochage affectif se fait entre la 6e et la 8e année. D’où l’importance de connecter l’enfant à ses forces et à ses passions plus tôt. Le système scolaire doit aborder leur carrière plus tôt avec eux et leur donner des exemples beaucoup plus concrets d’application des acquis scolaires dans leur vie de tous les jours ou dans leur future carrière. «J’ai toujours dit que le bébé malade du système, c’est le 6e-7e- 8e. Il va falloir qu’on ait un temps d’arrêt pour regarder comment travailler plus spécifiquement avec cette masse d’élèves», commente la directrice générale du District scolaire 1, Anne-Marie LeBlanc. Elle fait remarquer qu’il y a tellement d’efforts déployés pour les enfants du primaire et du secondaire qu’il n’y a peut-être pas assez de questions qui sont posées concernant ceux qui se retrouvent à un niveau que l’on appelait anciennemment «intermédiaire».

Son homologue du District scolaire 5, Jean-Guy Levesque, estime que ces jeunes sont un peu perdus dans le système et qu’il faut évaluer leur appartenance et la rigueur, et les attentes face à eux. Il est d’avis que le système doit monter la barre. «Il faut seulement se contenter du maximum de potentiel de l’élève.» Gérald Richard, du District scolaire 11, fait savoir que la direction a mis beaucoup d’efforts lors de la dernière année sur la 8e année et à en voir les résultats, il est possible de renverser la vapeur. «On avait des résultats assez pitoyables en 8e année en français et en math et là, on a eu une augmentation.» – JÉ

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Rentrée scolaire patriotique (billet du chroniqueur Luc Desjardins)

Bon lundi! Une chance que la secrétaire est témoin, sinon je te tirerais dehors par le collet et je te péterais la face sans merci. C’est à peu près avec ces mots «patriotiques» que Brad Howland a interpellé ÉricMillett, le directeur de l’école élémentaire de Belleisle, située à Springfield, dans le sud du Nouveau-Brunswick. L’incident a pris place le 31 janvier 2009 et s’est produit durant ce qui était devenu une controverse nationale. Le directeur Millett avait eu l’audace de cesser de faire jouer l’hymne national du Canada tous les matins dans son école, ceci parce que quelques parents de son école s’y objectaient par convictions religieuses. Dorénavant, avait-il décidé, l’hymne ne serait joué que lors des événements majeurs de l’école. L’affaire a vite fait le tour du pays et a exacerbé les passions. Incluant la menaçante incursion de Howland dans le bureau du directeur. Millett a eu peur. Plus que peur, il a «freaké». Il a senti sa vie menacée, mais a aussi eu à essuyer une pluie de protestations. Il s’est senti tellement traqué qu’il a dû changer son numéro de téléphone et a quitté son job de directeur d’école. Dans ce rôle de direction, il doit prôner la tolérance et le respect. Du côté de ces valeurs, on repassera. Dans nos écoles acadiennes, on n’a pas l’habitude de faire jouer l’hymne national tous les jours. C’est une pratique plus anglophone, surtout américaine, où la journée scolaire commence par le salut du drapeau et le chant de l’hymne national. Pour rappeler aux élèves que nous sommes tous des apôtres de la nation. Mieux encore, que nous sommes tous prêts à servir, sous les armes s’il le faut, au péril de nos vies. L’école, c’est pour former. C’est aussi pour laver le cerveau. Et, puisque l’école est publique, le cerveau sera lavé à l’eau patriotique tous les matins. Cet hurluberlu de Howland a «pété une fuse» et a agressé un directeur d’école. Dans un élan patriotique, le ministre de l’Éducation du temps, Kelly Lamrock, en vrai Canadien, a lui aussi paniqué. Et il a ordonné l’imposition de l’hymne national canadien tous les matins dans toutes les écoles de la province à compter de la rentrée scolaire 2009. En somme, le résultat de la tolérance voulue par un directeur d’école aura été l’imposition à tous d’une mesure intolérante. Non pas qu’il faille cacher notre hymne national. Mais de là à le faire jouer tous les matins dans toutes les écoles… Je ne suis pas certain que ça va avoir l’effet patriotique recherché. On pourra peut-être s’en servir à des fins pédagogiques et se questionner sur le vrai sens du texte de notre hymne. «Et ta valeur de foi trempée, protégera nos foyers et nos droits». Qu’est-ce que ça veut dire au juste, que ce sont nos valeurs religieuses qui protègent nos droits? Ou mieux encore, en anglais «God keep our land glorious and free! Ô Canada, we stand on guard for thee». Est-ce vraiment Dieu qui garde notre liberté; sommes-nous «en garde» comme des soldats? Je vous laisse sur ces réflexions. Et sur celle-ci: pourquoi ne ferions-nous pas entendre l’hymne national de l’Acadie, l’Ave Maris Stella, dans les écoles acadiennes? Serait-ce moins patriotique… * * *

Heureusement, il y a aussi de bonnes nouvelles en cette rentrée 2009. Surtout à mon école locale, le Domaine Étudiant de Petit-Rocher. Imaginez-vous, les élèves vont avoir de 40 à 50 minutes d’activité physique par jour. De 200 à 250 minutes par semaine. Ça va sentir la sueur de
petits gars et de petites filles dans les classes. Ce n’est qu’un projet pilote. Avec l’expérience, on verra si c’est bénéfique sur la santé des jeunes. Et sur la santé mentale de l’école. Ça s’inscrit dans la logique d’une promesse faite par Shawn Graham, un ancien professeur d’éducation physique, lors de la dernière élection. Graham avait promis d’augmenter les heures d’activité physique à 150. Ici, au Domaine Étudiant, doté des nouvelles infrastructures et équipement de la Finale 2009 des Jeux de l’Acadie, on défonce le plafond. Bravo! Comme le veut le dicton: «Un esprit sain dans un corps sain».
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La rentrée 2009, tout comme celles de la dernière décennie, se fait sous l’angle de la décroissance des effectifs scolaires dans le Nord. Moins d’élèves égale moins d’enseignants, égale moins de ressources pédagogiques. Bref, moins d’argent parce que le financement est basé sur le per capita, c’est-à-dire le nombre d’élèves. Les universités et les collèges communautaires peuvent s’en tirer en attirant une plus grande proportion des diplômés en leurs rangs. Aidé par un plus grand accueil des étudiants venus de l’extérieur. Pour les écoles, c’est différent. On doit composer avec la démographie locale. Sans croissance économique, le dépeuplement se poursuit et les familles qui restent ne sont pas encouragées à concevoir plus d’enfants. De sorte que le réservoir d’élèves s’épuise. C’est une donnée qui met en péril non seulement l’école, mais des communautés entières. Vite une politique de développement régional comprenant non seulement des incitatifs pour l’industrie et le commerce, mais aussi des volets de politique familiale, d’immigration, bref de développement social. L’un ne va pas sans l’autre, me semble-t-il.
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La rentrée scolaire a ceci de magique. Autant les jeunes et leurs parents sont heureux de voir arriver la fin des classes en juin, en autant ils sont tout aussi contents de réintégrer la vie scolaire et de reprendre le collier. Comme quoi, l’espace d’un été a fait son œuvre et qu’il est temps de reprendre la routine scolaire. Il en va de même pour les enseignants. Ils et elles auront eu le temps de décompresser, faire le vide, refaire le plein d’énergie. Et repenser leurs contenus, leurs méthodes. Le bouillonnement d’énergie de cette belle jeunesse devant eux devrait les allumer. Du moins, on l’espère. Souhaitons-leur la patience dans les temps corsés et la créativité nécessaire pour allumer le goût du savoir. Bon, assez de confiture sur les rôties de la rentrée. Je me mets déjà au prochain texte. Il paraît que les sujets politiques s’échauffent. Ça donnera des sujets. Et bonne semaine!

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Encore trop peu d’élèves atteignent la note de passage
Les taux de réussite sont très loin des cibles fixées par le gouvernement

Par : Jessica Ebacher
jessica.ebacher@acadienouvelle.com
DIEPPE – Malgré les augmentations des taux de réussite dans les différentes matières évaluées uniformément dans la province, les résultats scolaires sont encore loin des cibles établies par le gouvernement provincial.
D’ici 2013, le ministère de l’Éducation veut que 90 % des élèves atteignent ou dépassent le niveau minimal de littératie 2e année et la note de passage en mathématiques 5e année. En mathématiques et français 8e et 11e année, la cible de la province pour le taux de réussite est de 85 % et en anglais langue se¬conde 10e année, elle est de 70 %.
En prenant le taux de réussite de toutes les écoles de tous les districts scolaires confondus, la matière la plus près de la cible est l’anglais langue seconde 10e année. Le taux n’est qu’à trois points de pourcentage de la cible de 70 %.
Un bémol est toutefois de mise puisque les écarts sont considérables entre les différents districts. Le DS 1, qui couvre le sud de la province, affiche un taux de réussite d’environ 98 %, celui du DS 11, qui s’étend de Shédiac à Miramichi, est d’environ 93 % tandis que ceux des districts 3 et 9, respectivement de la Péninsule et du Nord-Ouest, sont de 34 % et de 40 %. Le taux du DS 5 est de 71 %. Son territoire, principalement de Bathurst à Campbellton, est composé de municipalités francophones et mixtes.
L’an dernier, les sciences 5e année étaient la matière le plus près de la cible, avec un taux de 87 %. Quarante des soixante-cinq écoles avaient amélioré leur taux de réussite ou l’avaient gardé stable entre 2006-2007 et 2007-2008. Avec le nouveau programme, toutefois, la moyenne provinciale se situe maintenant à 22 points de pourcentage de la cible.
La matière la plus éloignée de la cible: mathématiques 11e année. Le taux de réussite se situe à environ 52 %, soit à 33 points de pourcentage de la cible provinciale. En 2007-2008, une seule école, soit le Carrefour Beausoleil de Miramichi, avait atteint la cible avec un taux de 87 %. Sur les 71 écoles de cette même année, 44 avaient maintenu ou augmenté leur taux de réussite.

Selon les données de 2007-2008, il est plus simple de mentionner les écoles qui avaient atteint les cibles pour certaines disciplines que celles qui ne les avaient pas atteintes. Le sous-mi¬nis¬tre de l’Éducation, Roger Dou¬cet, ne croit pas pour autant que les cibles devraient être modifiées.
«On ne peut pas changer les choses du jour au lendemain, mais on doit quand même viser, au Nouveau-Brunswick, d’avoir 90 % des enfants qui réussissent à lire avant la fin de la deuxième année. Le reste des matières, c’est à 85 %. (et anglais 70 %). Et je crois qu’il faut toujours viser cette cible haute là», indique-t-il.
«Comme société, comment est-ce qu’on peut se dire que c’est correct de viser que 65 % seulement des jeunes réalisent les objectifs d’apprentissage? Comme société, il faut viser à ce que 90 % réussissent», ajoute M. Doucet.
Il croit que le système scolaire pourra atteindre les cibles, mais que pour se rendre à ces niveaux, il devra éviter les évaluations trop hâtives. Selon lui, il vaut mieux analyser pour se donner des stratégies, en particulier lorsqu’il est question des écoles qui réussissent moins bien.
mardi, 8 septembre, 2009

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Les francophones s’améliorent en littératie
… mais pourraient faire mieux en mathématiques et en français

Par: Jessica Ebacher
jessica.ebacher@acadienouvelle.com
DIEPPE – Les élèves francophones du Nouveau-Brunswick sont meilleurs en littératie et en anglais 10e année qu’ils ne l’étaient auparavant. En revanche, moins de 60 % des enfants réussissent l’examen ministériel en mathématiques 8e et 11e année et en français 11e année.
Le ministre de l’Éducation, Roland Haché, se fait un plaisir de dire, comme son prédécesseur le faisait, que les résultats en littératie des élèves francophones s’améliorent grandement. Il n’a pas tort, au contraire. Mais une légère précision est de mise.
En 2e année lecture silencieuse, le taux de réussite provincial a augmenté de 13 points de pourcentage depuis le début des évaluations en 2005. Il y a quelques années, ils étaient 60 % à atteindre ou dépasser le niveau minimal de réussite dans cette matière. Ils sont maintenant 73 %. La courbe a toutefois atteint un plateau entre juin 2008 et juin 2009. En lecture à haute voix, le taux de réussite est passé de 51 % à 72 % entre 2005 et 2009, ce qui est un bon énorme. Dans ces deux matières, la grande majorité des districts se sont améliorés.
En français 8e année, alors que les courbes des districts ont des allures de dents de scie, l’évolution du taux provincial de réussite n’est pas aussi remarquable qu’en 2e année. Il est le même qu’en 2006, soit 64 %, et est passé à 58 % et 63 % entre-temps.
En français 11e année, après les belles augmentations de 2006 et de 2008 totalisant 19 points de pourcentage, le taux a chuté de 8 points en 2009. En juin dernier, 59 % des élèves ont réussi l’examen ministériel, soit près du niveau de 2007 (58 %).
«Même si nous constatons que des améliorations sont réalisées à certains endroits, il y a encore beaucoup trop d’élèves qui n’obtiennent pas les notes de passage. Nous devons continuer à travailler pour dépister le plus tôt possible ces élèves à risque et s’assurer qu’ils reçoivent le soutien dont ils ont besoin pour réussir», a indiqué Roland Haché dans un discours livré aux directions d’écoles, au début août.
En sciences 5e année, une chute radicale a été enregistrée entre 2008 et 2009. Cette baisse est due au nouveau programme et tous les districts ont vécu une diminution semblable.

Roger Doucet est d’avis qu’il y a des défis en mathématiques, comme la plupart des pays dans le monde. Une équipe de travail sera mise en place dès ce mois-ci avec les districts scolaires et certains experts pour analyser le programme. Il faudra possiblement revoir le système pour s’assurer que les concepts enseignés plus tôt sont mieux intégrés et mieux saisis par les enfants, et non oubliés.
«Ce qu’on me dit, c’est qu’il y a des concepts mathématiques qui normalement auraient dû être mieux saisis plus jeunes; qu’ils ne sont pas assez bien compris et lorsqu’on arrive aux maths de 11e année, disons, ça empêche les jeunes d’aller chercher les autres objectifs d’apprentissage.»

En mathématiques 5e année, il y a eu augmentation de 15 points depuis 2006, malgré une diminution l’année dernière de 6 points. Le taux de réussite était de 70 % en juin 2008 et il est maintenant de 64 %. En 8e année, l’augmentation annuelle se fait sentir depuis 2007. L’écart se creuse toutefois entre les districts et certaines écoles ont chuté radicalement. En 11e année, le taux se maintient entre 44 % et 52 %. C’est donc dire que près de la moitié des élèves n’obtiennent pas la note de passage fixée à 55 % à l’examen provincial.
La courbe provinciale de l’anglais, langue seconde 10e année augmente lentement, à une vitesse d’environ 2 points de pourcentage l’an. Une très grande disparité est par contre observée entre les districts scolaires du Nord et du Sud, les élèves de la Péninsule acadienne et du Nord-Ouest éprouvant beaucoup plus de difficultés.

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samedi, 5 septembre, 2009
La rentrée, c’est compliqué… pour une maman de triplées

Par: Réal Fradette
real.fradette@acadienouvelle.com
CARAQUET – À chaque début de septembre, ça brasse comme personne ne peut vraiment l’imagi¬ner au 13, rue Frigault, à Caraquet. La rentrée scolaire n’y est et n’y sera jamais comme les autres…
Selena, Karina et Sabrina Rousselle sont aussi jolies les unes que les autres. Leurs sourires, qui ne se décrochent jamais de leurs visages éclairés, sont semblables. Leurs yeux allumés de mille chandelles sont semblables. Leurs coiffures sont semblables. Leurs allures sont semblables.

Seul un œil averti peut les différencier, tellement elles sont pareilles. Même dans leurs acrobaties, où elles sont de petits prodiges. Avis au Cirque du Soleil…
Normal, car ce sont des triplées. Des triplées qui se préparent fébrilement pour entamer leur 5e année, à l’école Margue¬rite-Bourgeoys de Caraquet.
Pour leur mère, Édithe Albert, la préparation à une nouvelle année scolaire est maintenant devenue une habitude personnelle. Et le dénominateur commun est le chiffre 3.
Quand elle habille ses filles, c’est à coup de trois. Quand elle va quérir les fournitures scolaires, c’est également à coup de trois. Et, évidemment, la facture est multipliée par trois, ce qui n’est pas toujours évident pour cette mère monoparentale, dont la plus grande, Maggie, vient de quitter pour aller étudier le droit à l’Université Laurentienne de Sudbury, en Ontario.

«Chaque année, il y a toujours beaucoup de choses à acheter. Et ça coûte cher. Je n’ai pas de rabais parce que j’ai des triplées. Mes achats sont multipliés par trois et je sais que ce sera toujours comme ça», indique Édithe, en regardant ses filles procéder à la corvée de l’étiquetage de la fourniture scolaire.
Heureusement, maman est prévoyante, de son propre aveu. Quand c’est possible, elle acquiert en quantité industrielle pour que ça puisse servir plus d’une année, comme des crayons, des gommes à effacer et plein de petites choses qui finissent par dégarnir un porte-monnaie assez rapidement quand elles sont prises individuellement.
Mais malgré tout, cette rentrée lui prend tout son petit change, avoue-t-elle. Les vêtements? 600 $, a-t-elle calculé. Les chaussures? Au moins 300 $. Les articles scolaires? Encore un autre 300 $.

«Et là, je ne compte pas encore les repas à la cafétéria et les collations. C’est plaisant la rentrée, même si ça nous coûte cher parfois. Pour moi, ce n’est jamais un casse-tête parce que je planifie tout longtemps à l’avance. Je suis bien organisée», affirme-t-elle.
Le matin, c’est le branle-bas de combat dès 6 h 30. le déjeuner, la toilette, la coiffure. Puis l’autobus à 7 h 40.
«Oui, ça roule, confirme Édithe. Je prépare ça la veille. Je tiens à ce qu’elles soient toujours bien coiffées et bien habillées pour l’école.»
Selena, Karina et Sabrina seront dans la même classe encore cette année. Encore, parce que Édithe exige que ce soit ainsi. C’est plus facile pour les devoirs et les projets.
«Si une oublie, les deux autres sont là pour l’aider. Elles s’entraident beaucoup», soutient la maman, pas peu fière de ses filles.

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samedi, 5 septembre, 2009
Une année scolaire qui s’annonce difficile
Le gouvernement a fait des compressions de 21 millions $ dans le système

Par: Charles-Antoine Gagnon
fredericton@acadienouvelle.com
FREDERICTON – Les enseignants anticipent avec crainte la rentrée scolaire en raison des compressions effectuées par le gouvernement.
«Avec une coupe de 23,8 millions $, bien qu’il ait réaffecté 2,9 millions $ et que cela ait permis de régler un peu la situation avec les aides-enseignants, il y a des mentors en alphabétisation et en mathématique qui ont perdu leur poste. Les conséquences de cela seront probablement juste ressenties vers la fin de septembre», a expliqué Monique Caissie, présidente de l’Association des enseignants francophones du N.-B.
Mme Caissie a mentionné que la charge de travail de ses membres se verra accentuée en raison des bouleversements dans les effectifs professionnels (lire autre texte à ce sujet en page 5).

«On ne peut pas faire disparaître des millions $ et croire que rien ne changera», a souligné Mme Caissie.

C’est la rentrée pour environ 106 000 élèves du primaire et du secondaire, dont un peu plus de 29 600 sont dans le secteur francophone. Le ministre de l’Éducation, Roland Haché, est lui aussi fébrile quant à la rentrée scolaire. C’est sa première à ce poste.
«On peut regarder l’année 2009-2010 avec beaucoup d’enthousiasme, avec beaucoup d’espoir et avec l’assurance que l’on connaîtra encore une année de succès», a indiqué le député/ministre de Nigadoo-Chaleur.
Le défi à relever, a mentionné le ministre Haché, est toujours le même, soit d’aider les élèves à réussir au maximum de leur capacité.
«Ce défi doit aussi être relevé non seulement par les élèves, mais aussi par les enseignants et les autres personnes qui oeuvrent dans les écoles, comme les aides-enseignants, les libraires, les aides-libraires, les intervenants en comportement», a expliqué celui qui a remplacé Kelly Lamrock plus tôt cet été à la suite d’un remaniement ministériel.
La présidente de l’unité syndicale 2745 du Syndicat canadien de la fonction publique, Sandy Harding, a déploré que Fredericton semble avoir de l’argent pour certaines choses, comme en font foi les dernières annonces, mais pas pour effacer les coupes en éducation. Elle mentionne que la situation ne reviendra pas à la normale, et ce, malgré la réaffectation des 2,9 millions $.

«Non seulement y aura-t-il une réduction importante des services, mais il y a des services qui auraient dû être ajoutés. Il y a de plus en plus d’élèves avec des besoins spéciaux. Il devrait donc y avoir davantage de soutien, pas moins, afin de rencontrer les besoins des élèves», a indiqué Mme Harding.

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samedi, 5 septembre, 2009
Les enseignants vont payer le prix des compressions
De nombreux postes de mentor ont été abolis dans le réseau francophones

Par: Jessica Ebacher
jessica.ebacher@acadienouvelle.com

Amputée d’une aide précieuse, les enseignants verront leur tâche augmenter au cours de la prochaine année scolaire. (Archives)

DIEPPE – Les coupes en éducation pour l’année scolaire 2009-2010 ne se feront peut-être pas sentir directement dans la salle de classe et pour les services aux élèves, mais ce sont les enseignants qui écoperont, en recevant moins de soutien.
Compte tenu que le gouvernement a réinvesti 2,9 millions $ dans le système d’éducation, aucun aide-enseignant ne sera mis au chômage au sein des districts scolaires francophones – en excluant les coupures dues à la diminution de la population étudiante dans certaines régions.

Tout n’est pas gagné, toutefois. Les récentes compressions du gouvernement comprennent l’équivalent de 9,8 millions $ en salaire pour les enseignants.
Comme il est impossible d’enlever le professeur de la salle de classe, ce sont des postes de mentors occupés par des enseignants, notamment, qui ont été sacrifiés.
Au District scolaire 1, un poste d’enseignant qui donné un coup de main en sciences a été aboli en raison des coupures. Le District scolaire 3 compte quant à lui un mentor en douance de moins et l’équipe stratégique pour appuyer les écoles a dû être réduite.
Le District scolaire 5 compte un mentor en informatique et un mentor en adaptation de moins et les services intégrés – des allocations de bases que les écoles décident d’investir selon leurs besoins – ont été réduits.
Dans la Péninsule acadienne, les coupes auront un effet sur le nombre de mentors en littératie. Le nombre de mentors en difficultés d’apprentissage passera quant à lui de cinq à trois.

Le directeur de l’éducation au District scolaire 9, Robert Roy Boudreau, souligne que le District prévoyait embaucher un appariteur en sciences avec les deniers du Fonds d’innovation en apprentissage (FIA). Aucun des projets proposés par le District n’a toutefois été approuvé.

En puisant dans le FIA pour remettre les 2,9 millions $ nécessaires pour rémunérer les aides-enseignants et les aides-bibliothécaires, le Ministère a décidé d’aller de l’avant seulement avec les projets du FIA déjà approuvés.
Le District 9 devra donc puiser la somme nécessaire ailleurs pour embaucher cette personne qui sera chargée d’aider les enseignants à faire davantage de travaux en laboratoire.

Au District scolaire 11, un mentor en sciences et technologies, un mentor en application pédagogique de l’ordinateur et un des deux mentors en littératie ont été coupés. Le poste de mentor en numératie est maintenant un demi-poste.
Selon le directeur général du DS11, Gérald Richard, les enseignants en salle de classe s’ennuieront certes de ces personnes très qualifiées dans leur domaine et la tâche des agents pédagogiques sera plus grande.

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Un recul pour le système scolaire

DIEPPE – Le directeur général du District scolaire 5, Jean-Guy Levesque, se dit estomaqué de voir l’absence de réaction du corps professoral face aux coupures.
Il ajoute que c’est aberrant de voir que les impôts des contribuables sont réduits, mais que d’un autre côté, il y a des coupures en éducation, en cette période où il faut stimuler la création d’emplois.

L’auteur du rapport MacKay, Wayne MacKay, estime pour sa part que toute coupure dans le personnel de soutien est un pas en arrière dans l’inclusion scolaire.
«Je ne sais pas quelle sera l’ampleur de l’impact et je reconnais qu’il y a des limites budgétaires, mais encore, pour moi, c’est une question de priorités. Si vous voulez réellement un système d’éducation inclusif, ça devrait être une priorité de grande importance d’avoir le support nécessaire.»

Il souligne également que si un gouvernement veut faire de son système d’éducation le meilleur au pays, il doit investir en conséquence. – JE

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Bon, j’avoue que cela fait quelque peu copié-collé (ce qui est vrai), mais au moins, on a l’ensemble de ce qui se dit dans les médias ici. Et profitons-en car trop souvent, l’éducation n’occupe pas une très grande importance pour la une des médias, sauf quand ça va mal… Quant à moi, j’ai bien hâte d’entendre ma fille raconter sa journée. Je lui souhaite, à elle et à son enseignante, une année scolaire remplie de passion, de curiosité et de désir à vouloir faire une différence!

Sur ce, bonne rentrée et bonne année scolaire!

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