Des réflexions sur l’apprentissage social et le formateur

Préambule – Il m’arrive parfois de me demander comment mon blogue me sert dans ma démarche d’apprentissage, pourquoi bloguer, cela en vaut-il la peine, etc.etc… Je ne suis pas le seul à avoir ce questionnement et bien souvent, la personne qui pose la question en vient ensuite à se donner une (ou des) réponse(s). Dernièrement, je me sens envahi par cet état d’esprit. Depuis fin 2004, où je décidais de bloguer « quand ça me tentais », le blogue est devenu davantage un outil d’introspection de ma pensée, ce qui peut sembler paradoxal avec la nature ouverte et diffusée d’un carnet web. Pas grave, ça fait du bien, c’t’un bon exutoire d’écriture et c’est un peu ma p’tite contribution à cet « ambient awareness » ou « information du quotidien » de mon réseau.

Voilà pourquoi qu’en lisant une série de billets (un, deux, trois, quatre) publiés par Harold Jarche dernièrement, je me suis senti interpellé à pousser ma compréhension des idées émises et tenter d’en faire une représentation qui pourrait, si c’était possible, établir des liens avec le monde professionnel que je connais, celui de l’éducation publique, de la classe au ministère (d’une façon générique, bien sûr). C’est donc ce défi qui me pousse ici à traduire et à commenter le billet d’Harold, Social learning is real ainsi que son billet Across the chasm.

(n.b. Afin de guider votre lecture, le texte en italique représente une traduction libre du texte d’origine, alors que le texte sans italique, couleur violet, précédé de deux ** est de moi. Tous les diagrammes ont été traduits librement à partir de leur version originale.)

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L’apprentissage social, c’est du vrai (1er billet d’Harold Jarche)

Encore une fois, j’apprends de mes collègues; hier, j’ai réalisé à quel point une forme « autodirigée » peut faciliter l’apprentissage social. Je fais maintenant du pouce sur le billet de Jay Cross, Social Learning Gets Real, et j’en fais des liens avec les observations de Jane Hart, dans Social Media For Learning – Part 2. Ses descriptions des cinq types d’apprentissage social, fusionnés à plusieurs aspects de l’avenir de l’apprentissage social (tableau ci-dessous) décrits par Jay Cross, m’ont permis de développer une matrice présentée plus loin dans ce billet.

Comme le souligne Cross, « dans le passé, le focus était sur les individus mais le travail est accompli par des groupes. Or, j’espère que nous allons commencer à aider les groupes à apprendre à performer ensemble et non individuellement. »

Pourquoi est-ce si important? Nous avons des structures et des systèmes en place qui font la promotion et la validation de la formation individuelle mais tout ce qui a trait à l’apprentissage social reste aléatoire.

**Et ceci est vrai aussi pour la fonction publique; de nouveaux courants de formation sont souhaitables, incluant ceux qui sortent du cadre classique de formation. Ils doivent être reconnus.

Exemples :

Qu’est-ce qui est mieux? 1. Suivre un atelier générique sur la gestion de l’information, ou 2. Passer quelques heures d’apprentissage fortuit sur Twitter.

Qu’est-ce qui est plus efficace? 1. Lire des études de cas, ou 2. Collaborer à la création en groupe d’une étude de cas qui pourra être partagée avec l’organisation en entier.

**Dans le monde de l’éducation, on pourrait reprendre ces exemples et dire :

**Qu’est-ce qui est mieux? 1. Écouter/subir un cours magistral sur l’importance de bien écrire, ou 2. Avoir son carnet Web pour écrire sur un sujet et recevoir de la rétroaction de ses collègues, parents, amis, communauté, intéressés?

**Qu’est-ce qui est mieux? 1. Lire un ouvrage sur l’histoire de l’Art, ou 2. Collaborer à la créationen groupe de vignettes interactives «  à la Voicethread  » sur votre interprétation de l’histoire de l’Art, ces vignettes étant partagées avec le reste de la planète?

Des définitions de Jane Hart sur l’apprentissage social :

AIO – Apprentissage intra-organisationnel : Les façons dont les médias sociaux et leurs outils peuvent être exploités afin de maintenir les employés à jour sur des initiatives internes et stratégiques.

**L’école 2.0 qui exploite un ensemble d’outils web performants pour élèves, parents, administration, enseignants et communauté afin que tous soient au même diapason sur une variété de sujets d’information…

AFS – Apprentissage formel et structuré : Les façons dont les éducateurs (enseignants, formateurs et concepteurs pédagogiques) et les apprenants peuvent exploiter les médias sociaux dans un contexte éducatif – des cours

**Faire appel à la créativité pédagogique des enseignants 2.0, appuyés par une panoplie performante et non-restrictive d’outils (et un cadre clair pour leur exploitation)…

AGD – Apprentissage en groupe et dirigé : Les façons que des groupes d’individus – équipes, projets, groupes d’études – peuvent exploiter les médias sociaux pour travailler et apprendre ensemble. Un groupe » peut n’être constitué que de 2 personnes. Le « coaching » et le mentorat font donc partie de cette catégorie.

**Dans une classe 2.0, le projet de groupe qui « entre par la complexité », peut faire appel aux outils des médias sociaux. L’accompagnement pédagogique, un must, sous formes variées…

APD – Apprentissage personnel et dirigé : Les façons qu’un individu peut exploiter les médias sociaux dans sa démarche personnelle ou professionnelle d’apprentissage.

**Éduquer les élèves à exploiter de façon judicieuse les TIC (recherche, discernement, identité numérique, droits d’auteur, etc.) pour fins d’apprentissage. Une nouvelle littératie à confirmer…

SAF– Sérenpidité et apprentissage fortuit : Les façons fortuites et aléatoires qu’un individu peut, au moyen des médias sociaux, apprendre sans vraiment s’en rendre compte.

**De là l’importance à instaurer de meilleurs mécanismes de reconnaissance des acquis. À la limite,  » My blog is my Ph.D. « …


Franchir le fossé (2e billet d’Harold Jarche)

J’ai déjà écrit au sujet de mon utilisation du modèle du fossé afin d’expliquer la nature de mon travail professionnel où 1) j’observe ce qui est prêt à franchir le fossé, par le biais de 2) rester en contact avec les innovateurs et utilisateurs précoces, afin que 3) je puisse venir en aide aux organisations traditionnelles. Le graphique ci-dessous illustre bien la nature de mon travail de consultant. Vous aurez remarqué que j’ignore les traînards.

Dans le domaine des medias sociaux Web pour la performance en milieu de travail, quelles sont les technologies exploitées par les innovateurs ? Lesquelles sont reprises par les utilisateurs précoces, comme moi, et enfin, quelles sont les technologies et les idées qui risquent de franchir le fossé pour rejoindre la majorité précoce?

Vos idées, commentaire ou ajouts à ce sujet?

**J’avoue que ces billets de H. Jarche m’ont permis de faire une introspection sur ma pratique. Je réalise, comme Harold, que les idées innovantes et les usages innovants ont plus de chance à réussir, à poigner, si on cible la majorité à gauche de la courbe (qui, selon moi, tend à augmenter toujours); un peu comme des graines qui poussent mieux dans un sol fertile, aéré et nourri. Aussi, c’est en espérant que la proportion d’utilisateurs précoces (ou précurseurs comme le suggère F. Domon; ce qui contredit un peu la phrase de Cocteau sur la bannière d’accueil de ce blog) continuera d’augmenter mais au fond, tout cela est relatif. Ce qui était innovant une année ne le sera probablement plus une année ou deux suivantes; ça devient « mainstream » (mais l’école devient-elle mainstream?). Quant à l’idée de ne pas s’attarder aux traînards, je peux comprendre la position/stratégie d’Harold. Toutefois, dans un contexte scolaire, QUI et OÙ sont ces traînards? Ne leur confie-t-on pas des jeunes de la Génération C afin de les « éduquer »? Éduquer à quoi? Peut-être là est la véritable question. Ce que je dis, c’est que OUI, les habiletés langagières, la numéracie, la culture scientifique, les sciences sociales sont tous essentiels à la formation de base des élèves; l’ignorance rend malhabile. Mais ce n’est pas assez pour le 21e siècle! Côté évaluation, le focus de l’image prise en snap-shot est de bonne résolution, il faut plutôt élargir les dimensions du cadre. C’est pourquoi qu’il faut continuer de travailler auprès de tous les enseignants, des deux côtés de la courbe), par une variété de moyens; suivis, accompagnement, mentorat, tutoriels, webinars, formation en petites équipes, plans d’amélioration, les CAP, ressources en ligne et accessibles, médias sociaux vus, compris et exploités autrement, appui et vision de haut niveau, vision partagée, référentiel pédagogique revu, actualisé et actualisable, imputabilité, oui, mais surtout un APPUI et un milieu où les graines semées donneront des plants dont le fruit sera de grande et belle qualité. Charles Hadji l’a écrit :

« L’innovation est au service de la réussite et la réussite de l’innovation se mesure à celle de l’élève. »

Mise à jour 26 novembre AM : Ce billet de Jane Hart reprend aussi les réflexions de H. Jarche et offre, à sa page 2, une liste impressionnante de situations spécifiques où les médias sociaux peuvent être exploités




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