Une ligne devenue mince…

Nous sommes privilégiés au Canada de vivre dans une démocratie acquise sans violence (en comparaison avec d’autres contrées de ce monde). Nos valeurs et libertés qui sous-tendent notre société nous permettent de participer aux débats et enjeux comme citoyen engagé. Notre voix est recherchée dans les divers forums, tribunes, assemblées où chacun peut donner son avis, sans craindre des représailles (de l’État ou d’autres). Je le dis : nous sommes privilégiés.

Je suis un fervent croyant de l’adage qui dit « qu’avec la liberté vient la responsabilité. »  Cette responsabilité partagée, qu’on veut tant inculquer dans l’éducation des enfants, fait en sorte que chacun peut s’exprimer librement. Mais la ligne est parfois mince entre cette expression et les dérapages d’intolérance et autres expressions de la bêtise humaine.  Et cette ligne est, selon moi, amincie davantage par les espaces pour commentaires que les médias placent en ligne à la fin de leurs articles.  Oui, il faut reconnaître que l’ojectif est louable…

« We want your perspective. Probe, analyze, inform. Challenge, advocate, debate. Inspire, entertain, enjoy. Your contributions make our website and on-air programming richer, the conversations more lively and diverse. » (cbc.ca)

Ben correct tout ça. Je suis preneur à 100%!!

Dommage toutefois que trop de gens (ou de plus en plus de gens) se servent de ces tribunes pour écrire des propos désobligeants, marqués d’intolérance ou de bigoterie et autres maux classiques de la bêtise humaine. Sous le couvert de l’anonymat, on laisse aller ses frustrations et opinions arrêtées sur des sujets sensibles, qu’ils soient de nature politique, social ou autre.  Et même si le média fait la modération des commentaires…

Mais je sais que pendant que des cons déblatèrent en ligne, une majorité silencieuse, modérée, ouverte, reste muette.


Mis à part cet hyperlien du paragraphe précédent qui est là pour soutenir mon propos général (un choix parmi tant d’exemples possibles), j’ai choisi de ne pas prendre quelques exemples des affaires courantes « hot » (du Nouveau-Brunswick ou du Canada) ici car le but de ce billet n’est pas de décrier quelque chose par rapport à des questions sur lesquelles moi aussi, j’ai mes positions établies et parfois teintées d’émotion. Mon opinion étalée sur la place publique ne serait que cela, une opinion. Même si je la place sous le couvert de l’anonymat. Non, je veux plutôt dénoncer, de la même façon que Chantal Hébert l’a écrit la semaine dernière, le danger qui guète le cyberespace :

« À noter que les auteurs de ces commentaires se sont presque tous prévalu de la protection de l’anonymat – une pratique en cours sur la plupart des sites des médias mais qu’aucun ne tolérerait pourtant dans le cas d’une lettre à l’éditeur. En matière de commentaires du genre, les anglophones n’ont d’ailleurs pas le monopole. On assiste également à ce genre de débordements en français. Est-il temps de repenser cette approche ? Et surtout, l’idée d’ouvrir ainsi les pages virtuelles des médias pour permettre à tout un chacun de s’époumoner contribue-t-elle vraiment au débat public ? Ce sont toutes des questions que les animateurs de blogues journalistiques  dévoués à la diffusion d’informations – dont je suis – se posent régulièrement et la réponse n’est pas nécessairement positive. »

C’est là le danger réel. On veut éduquer les jeunes à un usage judicieux des outils du web, de prendre sa place au soleil, d’utiliser le levier indéniable des technologies participatives comme moyen d’expression artistique et culturelle mais en même temps, on doit réaliser que s’affirmer ne se fait pas sur le dos d’autrui. Point. Sinon, si les dérapages continuent à proliférer, on verra sûrement un resserrement de l’accès, ou du moins, un espace parallèle, une sorte de grande muraille, s’élever entre des espaces virtuels modérés/contrôlées (et là aussi, le danger de la censure est réel) et des espaces à la wild wild west où tous les coups sont permis.

Me semble qu’un équilibre est possible… Mais ça commence dans l’esprit de chacun. Comme une collègue l’a si bien dit, « tu es ce que tu partages. Qui veux-tu devenir? »

Walk the line!

(Et je n’ai même pas parlé des spammeurs qui viennent polluer les espaces de commentaires des blogs… Un véritable fléau dans mon ancien blog sur Blogger. Je dois élever un mur pour les bloquer, mais ce mur est jonché d’écoutilles pour que la conversation, réelle, puisse se faire…)

😉

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2 Comments

  1. C’est bien dit Jacques. Je pense que nous avons un gros travail à faire dans l’éducation des jeunes et des moins jeunes à ce sujet.
    Merci de ta contribution.

  2. Ces espaces de commentaires sont tellement pollués qu’ils ne servent plus à rien d’autre que de plate-forme de tchatche… c’est ainsi que nos élèves les détournent pour contourner les inutiles listes noires lorsqu’ils utilisent le matériel informatique du collège.
    (évidemment, je suis en train de faire un contre-exemple de ce que j’affirme !)

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