« Nous vivons dans un monde de crétins. »

Retranscription d’un commentaire laissé sur Google+, suite à cet article : Le Missouri légifère sur la relation enseignant-élève sur Internet. (Autre article ici aussi)

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Il existe une différence fondamentale entre ami et « ami » (avec parenthèses), c’est-à-dire ce que certains réseaux sociaux ont fait de cet état de relation (je pense surtout Facebook ici). Ceux qui poussent ce projet de loi au Missouri n’ont, selon moi, qu’une vue très réduite de la chose. En noir et blanc, ces gens pensent qu’en étant « ami » on risque de voir des choses pas correctes et on risque d’être perçu pour détournement de mineurs; un legs bien malheureux de la socialisation en ligne (« What happens in Vegas stays on FB, Youtube, etc… »).

Faut pas blâmer l’outil mais plutôt regarder l’usage qu’on en fait. C’est pour cela que j’apprécie Twitter et G+ où on parle d’abonnés non réciproques, d’une part, et où on peut personnaliser des cercles selon les circonstances recherchées, d’autre part. Je me sens RESPONSABLE de mes actions et interactions.

Cette démarche erronée n’est qu’une autre une démonstration du très grand besoin d’éduquer à l’usage des médias, de savoir bien gérer son identité numérique. Quant à la question d’empêcher le lien entre enseignant et apprenant, bannir tout type de relation (et c’est ce qui risque de se passer si la loi du Missouri reste telle qu’elle rédigée) est totalement dans le sens inverse de l’acte d’éduquer, de guider, de coacher, de conseiller. C’est exactement cela qui a fait le succès de l’initiative des cours à distance pour élèves du secondaire au NB où on vante haut et fort la grande capacité de créer des liens solides et efficaces entre l’apprenant et l’enseignant. What’s next? Bannir le courriel entre eux? Rencontrer un élève avec un panel d’observateurs externes afin de confirmer qu’il n’y a rien de pas correct qui se passe là?? Tant qu’à y être, bannissons tous les profs, laissons l’éducation par les ordis et entre les élèves eux-mêmes (adultes interdits). Non mais, à ce rythme, on se dirige vers une société hyper-paranoïée par sa relation adulte-enfant. C’mon! « Nous vivons dans un monde de crétins », disant mon défunt beauf

[Rant mode OFF] 😉

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À lire aussi, ce billet chez Mario Asselin qui réagit à l’initiative de l’Ordre des enseignants et enseignantes de l’Ontario. (Suis d’accord avec lui : la vidéo est plus proactive que le document)

Mise à jour 3 août : Au tour du Huffington Post de traiter la nouvelle. Je retiens ce passage :

« Exclusive and private contact with your students isn’t educationally necessary, » [Charol Shakeshaft] said. « In the same way that in a school we would say, ‘No, you may not lock yourself into a room with a student,’ this law effectively says, ‘No you may not lock yourself into a website where only you can get to the student.' »

Une nuance essentielle, il me semble.

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3 commentaires

  1. On pourrait mettre une contrainte à l’utilisation des moyens de communication entre enseignants et élèves (si ce sont des enfants) : que les échanges soient publics, ou bien semi-privés avec une visibilité par certaines personnes : les parents, le chef d’établissement…

  2. J’aime mieux parler de balises que de contraintes 😉
    De la même façon, Emmanuel, on devrait alors remplacer les murs de la classe par de grandes verrières? Si ça dérange certains (tout comme dans un environnement en ligne), ceux-ci ont peut-être besoin de se poser de sérieuses questions…

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