Le changement réel en éducation d’ici 2 ans? La démystification

* Ce billet est aussi publié sur le blog VoicEd.ca, un regroupement d’éducateurs du Canada)

(Photo personnelle, Côtes d’Armor, 2010)

Sensibiliser, déstabiliser, démystifier. Accompagner, autonomiser, partager, bâtir.

(Inform, derail, demystify. Guide, empower, share, build.)

Tel est le continuum que je perçois nécessaire pour une transformation, une vraie, en éducation. Un continuum qui s’applique d’abord pour chaque intervenant et qui mène ultimement vers un point de bascule où les contraintes systémiques s’estomperont plus facilement à cause de leur non-pertinence à ce moment-là. Pour l’instant, ces contraintes restent ‘pertinentes’ dans le référentiel généralisé de ce qu’est l’éducation. En langage simple : ce qu’il faut pour penser ‘hors de la boîte’…

Chaque intervenant d’abord — oui, car comme le l’ai souvent répété depuis 15 ans maintenant, c’est à ce niveau que s’opère la transformation, durable, fondamentale. L’enseignant, la direction, les parents, la communauté et l’élève (le ‘métier’ d’élève à revoir, pas juste ‘faire l’école’).

Je vais tenter ici de situer chacun de ces verbes quant à leur spécificité et là où on en est. C’est une tentative de représentation (pas une recherche quantitative en bon ordre) de mes observations des dernières années sur le changement en éducation et, en toile de fond, l’impact des TIC sur celle-ci.

Sensibiliser

C’est probablement là où la majorité des interventions se font présentement. Avec l’essor des réseaux sociaux, une augmentation importante de l’information et des points de vue se font entendre. Les grands médias couvrent amplement le sujet de la place des TIC à l’école, mais pas toujours complètement; identité numerique, cyberintimidation, coûts des technologies, projets pilotes, oui (et tant mieux ainsi), amplement, mais pas tellement sur l’avenir de l’éducation dans un monde hyperconnecté. L’école reste ‘école qu’on aura connu comme enfant. La sensibilisation se poursuit aussi à l’intérieur du système d’éducation, menant vers le prochain niveau…

Déstabiliser

En prenant le temps de décrire les possibilités numériques pour apprendre, pour travailler, pour enseigner, j’ai pu constater à plusieurs reprises un certain sentiment de dépassement pédagogique chez des enseignants qui y voient une surcharge de possibilités (est-ce de la surcharge vraiment? J’en parle ici). De la surcharge vient un sentiment de dépassement, voire d’incrédulité parfois, mais en général, suivi de l’inévitable question : « Oui, mais comment? ». Cap sur le prochain niveau…

Démystifier

Ahhh! Quelque chose de vital se passe ici. Discours des passionnés, dégagement d’un sens, d’une pertinence pédagogique… Des idées, une vision de ce que cela pourrait être dans sa classe, une compréhension qui commence à se construire de ce que peuvent apporter les TIC pour l’apprentissage, une réflexion sur les compétences pour contribuer à ce monde, son monde, au 21e siècle. On commence à saisir l’ampleur des possibilités mais aussi l’ampleur des défis, le poids des contraintes, la demande importante pour de la formation et de l’accompagnement. J’estime qu’au cours des deux prochaines années, c’est surtout ÇA qu’on verra dans les collèges, les écoles (un peu moins dans les universités, à mon avis).

Point d’inflexion — (un concept emprunté au calcul différentiel en math et qui s’applique si bien en société)

Accompagner

Même si déjà de multiples initiatives d’accompagnement (formations, wikis, communautés de pratique, CAP, etc.) parsèment le décor de l’éducation (au Canada et ailleurs), on va assister à davantage de demandes d’accompagnement dans l’effort de prise en charge personnelle de l’enseignant qui veut transformer, s’améliorer professionnellement; bref sortir de son isolement professionnel. Il sera davantage question de mettre en place des dispositifs innovants pour accompagner ‘dans le feu de l’action’; recherche-action, réseautage avec sa communauté d’intérêt (impact MAJEUR des médias sociaux, à mon avis. Un rendez-vous que les innovateurs, les ‘experts’ ne doivent pas manquer. Sinon, point de point de bascule!

Autonomiser — (empowerment)

L’oiseau qui bat de ses propres ailes, la personne qui apprend à pêcher, les métaphores sont nombreuses. Actualisation de sa pratique. Courage d’essayer des choses. Euphorie devant le succès, mesuré en terme de qualité des apprentissages. Se retrousser les manches devant les défis. Motivation intrinsèque car on y croit. Envie/besoin ensuite de…

Partager

Développer et nourrir son blogue professionnel, partager sur Twitter et autres plateformes, affiliations dans son école, sa région et avec l’autre bout du monde avec des semblables en mouvement aussi. Célébration des succès et partage des défis et des embûches. Unisson des voix pour dénoncer le non-sens apparent (maintenant) des contraintes systémiques qui, il n’y a pas si longtemps, ne semblaient être que des balises acceptables dans l’esprit de l’enseignant, de la direction, des parents. Ça sent le point de bascule!

Bâtir

Là où le ‘bottom-up’ rencontre le ‘top-down’, comme dit Michael Fullan. Là où les leaders, les décideurs et les autres agents de changement oseront une école ‘autre’. Là où l’on ne ‘voit’ plus l’éducation autrement, mais plutôt où l’on ‘vit’ l’éducation autrement.

On aura alors remit l’école à qui de droit.

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