La technopédagogie : pas juste une destination, mais un voyage

Source : Pixabay.com, sous licence Creative Commons domaine public CC0 1.0 universel)
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Une autre année scolaire se termine, avec son lot de discussions, de planifications, d’essais et d’innovations. Encore et toujours, je reste fondamentalement impressionné par l’engagement des professionnels de l’éducation : ils AIMENT les enfants et les jeunes! Ils veulent ce qu’il y a de mieux pour eux. Nos enfants sont entre bonnes mains.

En même temps, je ne peux qu’observer qu’il reste encore beaucoup à faire afin que le monde de l’éducation réalise vraiment le potentiel indéniable des technologies numériques pour des apprentissages de qualité. Ici ou là, il semble que le procès des TIC pour l’apprentissage se poursuit, à degrés divers. Pire encore, ce sont des perceptions que la technologie n’est que pour les bébelleux, les techies et les fanboys d’Apple ou d’Android. Des perceptions que les médias sociaux, eux, trivialisent les relations, du genre « J’ai mangé de la pizza ce midi! ». On s’en fout un peu de cette pizza, non? J’exagère sûrement ici mais c’est voulu. Ce que j’essaie d’articuler (et c’est le but de ce billet anormalement plus long que mes autres) c’est l’importance pour tout professionnel de l’apprentissage (parent, enseignant, administrateur, conseiller, décideur) de situer l’apprentissage aujourd’hui dans une perspective nouvelle. Pas à venir, mais déjà là! Le monde a bien changé, chantait 1755. Encore. Et il changera encore. Et nos finalités en éducation, elles? C’est de notre devoir de les actualiser et de revoir notre pédagogie afin de permettre à l’apprenant de mieux s’en approcher, comme ce phare visé qui ne cessera de se déplacer au fur et à mesure qu’on s’y approche. Je redis ici cette belle phrase de Tony Wagner : « Aujourd’hui, ce n’est pas ce que vous savez qui compte, mais bien ce que vous savez faire avec ce que vous savez. »

Mais l’école, telle qu’on la connaît, y arrivera-t-elle de façon incrémentale, alors que le savoir et la société avancent de façon exponentielle? Les défis sont énormes, même pour les gens les mieux intentionnés (ce qui représente pratiquement tout le monde – pas de place à faire ici pour le bois mort…). Sébastien Stasse touche à un point névralgique quand il aborde l’impact des contraintes systémiques dans un système d’éducation. Comme je lui répondais en commentaire, cela va prendre du courage (pas juste de l’effort) pour remettre cette école à qui de droit. Et du leadership. Beaucoup. Au fond, c’est une nouvelle culture de l’école dont il est question.

C’est dans cette optique générale que j’ai eu beaucoup de plaisir à traduire un tableau de George Couros, où il nous offre un continuum d’une culture technopédagogique (car qui dit technopédagogie dit avant tout pédagogie) selon quatre perspectives : la croyance générale de la place des TIC à l’école, le rôle d’appui et de modelage de la direction, le perfectionnement pédagogique en technopédagogie et enfin, la place de la quincaillerie dans une école.

À mon avis, de tels tableaux doivent avant tout servir aux gens qui y sont représentés, dans une perspective aidante. Il en revient à chacun de se situer, afin de voir vers où on veut aller. L’important, c’est le voyage, pas juste la destination.

Couros 1 Couros 2 Couros 3 Couros 4

(Une version sur Google Docs est disponible ici)

À la lecture de ce tableau, je ne pouvais m’empêcher d’établir des liens avec d’autres continuum en technopédagogie. Je vous les offre ici en les juxtaposant avec celle de Couros : le modèle SAMR, le composant structurant sur les TIC de l’école communautaire du Nouveau-Brunswick francophone, le cinglant continuum de Spencer Kagan sur le perfectionnement professionnel et le tableau Éducation 3.0, où les rôles sont revus en fonction de l’apprentissage, l’enseignement, les liens entre institutions, le type d’activité d’apprentissage et l’évaluation de l’apprentissage.

continuum

Éducation 3

Quand les enseignants, les élèves, les dirigeants et les décideurs seront des orchestrateurs de création collaborative de connaissances, qu’ils pourront avoir des conversations puissantes sur des enjeux qui les interpellent, qu’ils seront des « trouveurs » de problèmes, qu’ils innoveront dans les solutions répondant aux besoins de leur communauté… l’éducation aura rempli son rôle premier : faire de ce monde une meilleure place où vivre, de façon durable et prospère. Je sais, je sais, je décris ici une certaine utopie, au haut de cette montagne mais c’est ma destination. On embarque?

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