Les grands changements en éducation

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Ce matin, j’intercepte ce court billet de Scott McLeod où il dresse tout simplement, sans artifices, les trois changements qu’il estime que les écoles doivent faire :

  1. D’une pensée de bas niveau vers une pensée de haut niveau cognitif : Les jeunes doivent passer du rappel de faits et de la régurgitation de procédés aux tâches plus engageantes et plus complexes cognitivement (créativité, pensée critique, résolution de problèmes, collaboration, communication);
  2. De l’analogue au numérique : Passer de classes en mode « local », dotées de crayons, stylos, cahiers de papier, cartables à anneaux et textes imprimés, vers des milieux d’apprentissage (locaux et globaux) qui sont infusées et enrichies par les appareils numériques et l’internet. Pensez « leviers pour apprendre », pas bidules ;
  3. D’un enseignement centré sur/contrôlé par l’enseignant vers un apprentissage centré sur/assumé par chaque jeune.

McLeod estime que c’est ce 3e point qui sera le plus grand défi de l’école. En effet, c’est un nouveau paradigme de l’acte d’enseignement/apprentissage qui essentiellement remet le pouvoir dans les mains des jeunes, eux-mêmes  guidés par les enseignants dont le rôle est autre, afin que ces jeunes soient initiateurs, réalisateurs et gestionnaires des projets. Le nouveau référentiel pédagogique qui semble encore lointain chez certains mais sans équivoque chez d’autres…

À cette liste, j’en ajoute deux autres :

  1. D’une école en vase clos vers une école en partenariats bidirectionnels avec sa communauté : Robert Marzano est clair : « La participation des parents et la communauté à la vie de l’école a un impact plus important sur le rendement des élèves que les écoles ordonnées ou le professionnalisme des enseignants. » On mobilise les partenaires autour d’un projet éducatif et rassembleur, chargé de sens, à la couleur de l’école et de sa communauté et en même temps, on vitalise les communautés pour assurer leur développement durable, leur essor socio-économique et culturel. En mots simples, du gagnant-gagnant!
  2. D’une organisation du temps calquée sur un modèle obsolète vers de nouvelles configurations de l’organisation scolaire : L’organisation de la journée à l’école est calquée sur un modèle qui mériterait d’être repensé avec toute la « créativité administrative et pédagogique » possible. Horaires éclatés, team-teaching, matières scolaires intégrées, approche par projets qui ont un sens, évaluation par portfolio, stages dans la communauté, j’en passe… Et pour les bonnes raisons : la réussite du jeune dans son projet de vie et de carrière.

A-t-on ici les incontournables qu’il faut? Qu’en pensez-vous?

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5 Comments

  1. Une très bonne vision, j’aime beaucoup ce modèle! Je suis fière de dire que les cours à distance se rapprochent de cette vision. Il reste encore la structure des heures de cours (périodes) que les écoles nous imposent mais la possibilité de briser cette structure est facilement concevable.
    Belle réflexion!

    1. Merci Anne. En effet, les cours en ligne/à distance ont toujours été précurseurs d’innovations pédagogiques, mais FONDAMENTALEMENT, ce n’est pas le fait qu’ils soient en ligne qui cause cela mais bien ce qu’en font ses enseignants. Espérons que les écoles sauront apprécier davantage la réelle valeur de ce service et permettront un meilleur accès à ces occasions d’apprentissage pour les jeunes qu’ils desservent.

      Je l’ai toujours dit : on doit remettre l’école à qui de droit. 😉

      1. Tu as complètement raison. Lorsque je dis « que l’école impose », je parle du système actuel (écoles publiques) avec les heures fixes et les périodes. C’est un gros système qui existe depuis longtemps et j’ai hâte de voir une école secondaire tenter autre chose!

  2. Bonjour Jacques. J’aime et j’adhère à chacun des 5 changements. En réfléchissant, j’en ajouterais encore un autre: quand ça s’avère pertinent, repenser la forme des cours pour adopter une scénarisation plus ludique.

    La ludification, procurer un fil conducteur tiré de la culture populaire, des grands événements sociaux et internationaux ou encore un thème directement en lien avec sa matière, en plus de miser sur les mécaniques engageantes des jeux vidéo– aurait de quoi ramener davantage de plaisir et de motivation en classe. On doit cesser de penser que tous les apprentissages doivent comporter une part plus ou moins grande de douleur, ou qu’on doit apprendre à trouver son compte dans les contraintes du programme. On peut faire mieux et souvent, la ludification sera une des stratégies gagnantes pour ce faire.

    Pas facile de convaincre de la chose les parents d’aujourd’hui qui n’ont pas dû avoir beaucoup de plaisir à l’école…

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