Le pouvoir d’agir via les réseaux sociaux

Ce billet est grandement inspiré d’un article de Scott McLeod, de l’Iowa. Dans un échange avec lui, il s’est dit heureux de voir que ses écrits inspirent d’autres gens à poursuivre la conversation et être aussi agents de changement. Mise à jour : ce billet est publié presque en même temps que celui-ci de Chris Kennedy, DG de Vancouver SB, et qui traite du même article de McLeod… Kennedy offre ces bons conseils pour le personnel scolaire, en marge d’une meilleure intégration des médias sociaux dans l’école, le district :

  • Se fixer des attentes gérables et atteignables
  • Choisir un nombre restreint d’outils et bien les exploiter
  • Se réserver du temps
  • Déterminer ce que cela va remplacer
  • Faire le virage vers la mobilité

Sages conseils.

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(Crédit image : Waag Society, sous licence Creative Commons)

Le consensus est en train de se confirmer : l’école aujourd’hui doit être lieu de développement de compétences outillant chaque jeune pour sa vie et sa carrière, dans un monde en grand changement. Le focus est davantage sur des apprentissages « puissants » du jeune. Durables, transférables et qui ont un sens.

C’est dans cette optique qu’à mon avis les réseaux sociaux peuvent jouer un rôle majeur, bien au-delà du simple compte-rendu. Oui, du rayonnement, certes il en faut, mais les outils de communication numérique peuvent être bien plus que cela, soutenant des apprentissages solides et durables réalisés par chaque apprenant qui sait en tirer avantage (je parle autant du jeune que de l’enseignant et de la direction…). C’est ça, le POUVOIR D’AGIR.

Pouvoir dagir

Bon, au lieu de poursuivre dans une rhétorique trop abstraite, je vais tenter ici d’illustrer mon propos par des exemples concrets de ce pouvoir d’agir au service des apprentissages. Pas du tout exhaustive ni parfaite, cette liste, mais plutôt là pour semer des graines dans la tête de VOUS QUI LISEZ CE TEXTE et qui interagissez au quotidien avec les jeunes.

Le pouvoir d’agir des apprenants via les réseaux sociaux, c’est entre autres…

  • Co-animer une conférence en webdiffusion
  • Inverser sa classe afin d’enseigner aux plus vieux (élèves et personnel) comment exploiter judicieusement divers outils numériques dans diverses circonstances
  • Accompagner les bibliothécaires dans leurs initiatives d’actualiser la bibliothèque pour en faire un réel centre d’apprentissage numérique
  • Animer la chaîne d’information de son école, de sa communauté, de son district, via Youtube, site web ou autre média. Voici un exemple innovateur au Nouveau-Brunswick.
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Image : Centre d’Apprentissage du Haut-Madawaska, via Flickr
  • Créer et afficher en ligne des vidéos portant sur l’intimidation
  • Expliquer par capsules tutorielles comment utiliser des images avec licences Creative Commons
  • Maintenir un blogue pour exprimer ses idées et faire un retour réflexif par l’expérience/l’activité vécue
  • Recevoir via Skype (ou Adobe, Connect ou tout autre outil de communication synchrone) des personnages historiques (joués par une troupe de théâtre) afin d’interagir avec les grands penseurs/acteurs de l’humanité. « Dites, M. Gandhi, quand vous prôniez la non-violence, aviez-vous quand même un peu peur ? »
  • Avoir des conversations avec des jeunes d’ailleurs, de la Francophonie, de pays hispanophones, etc. et en profiter pour confronter ses croyances sur des sujets d’intérêt universel (ex. le développement durable, l’expression culturelle, le racisme, les valeurs familiales, les sciences et technologie, etc.)
  • Co-rédiger un texte, voire un livre, avec des jeunes d’ailleurs et les destiner au grand public ou pour la littérature jeunesse
  • Animer des sessions de formation pour parents et pour la communauté sur les usages responsables des médias sociaux ou encore l’usage d’iPad au quotidien
  • Utiliser Twitter pour communiquer et échanger avec des sommités de divers milieux (ex. politique, arts, sports, journalisme, médecine…)
  • Utiliser Twitter pour la cabale du gouvernement étudiant, en s’inspirant d’usages judicieux de politiciens connus (Obama, par exemple)
  • Sur le terrain, recueillir des données (avec une sonde Vernier, par exemple, ou via smartphone) de l’environnement immédiat vers une base de données pour traitement et analyse. Projets en écologie, en télématique, en géographie urbaine…
  • Partager des pratiques environnementales responsables qui caractérisent votre école
  • Assumer le leadership et la gestion de la politique d’usage des médias sociaux à votre école et offrir des sessions de formation aux autres écoles, incluant les dirigeants scolaires, sur
  • Être la voix officielle de votre école sur les réseaux sociaux (où l’image de marque est assumée par les jeunes, avec un plan de match annuel, mensuel, hebdomadaire)
  • Afficher des portfolios d’œuvres artistiques produites par les jeunes et le personnel
  • Proposer à tout azimut des problématiques à résoudre; faire du « crowd-sourcing » de problèmes en math, en chimie de l’environnement, de modèles économiques, etc.
  • Faire une vidéo (schémas, entrevues, témoignages) afin de documenter et partager la stratégie/configuration du réseau informatique (avec l’assistance des responsables de réseau) afin de montrer comment, chez vous, on a mis en place un réseau ouvert, sécuritaire, responsabilisant et performant.
  • Exploiter des outils comme Instagram, Pinterest, Facebook, Tumblr pour illustrer la vie à l’école afin de dire haut et fort au monde entier que chez vous, chaque personne est importante et heureuse d’y être. Être des « agents contaminants », au fond…

Je pourrais continuer longtemps. La seule limite doit rester celle de la créativité. Celle de l’éducateur et celle du jeune !

De tels usages nous propulsent bien au-delà de la simple substitution telle que décrite dans le modèle SAMR. Les technologies numériques ont une capacité importante pour transformer la pratique d’enseignement mais pour cela, il faut accepter de revoir (à la hausse, selon moi) son référentiel pédagogique et sa pratique. Malheureusement, il reste encore à faire afin de convaincre certains que ce transfert de « pouvoir » aux jeunes n’est pas au détriment de ceux et celles qui l’ont conservé depuis qu’on fait l’école traditionnelle. McLeod a raison quand il dit :

“Adult fears and concerns about loss of control often trump empowerment opportunities for student”

Des erreurs de parcours ? Oui, il y en aura. Il faut rester lucide à cet effet. Il s’agira alors de les exploiter comme occasion d’apprendre.

FAIL

Cette affirmation de McLeod dit tout :

“What’s different in these technology-empowering systems are the mindset and mentality, implementation and practice.”

Le voyage sera ainsi bien plus puissant que la simple destination. C’est ça, le phare qui continue de se déplacer alors qu’on s’y approche. Moi, j’embarque.

Et vous ? Vos jeunes vous attendent.

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