L’apprentissage et l’enseignement à l’ère du numérique, celle de la créativité

Voici un texte (version générique) que j’ai présenté ce matin à mes collègues au bureau.

D’abord, les constats et prémisses :

  • Étant donné qu’aujourd’hui, la société EST numérique, elle n’est pas EN VOIE de le devenir, comme le soulignait le ministre Serge Rousselle à Clair 2015;
  • Étant donné qu’aujourd’hui de nombreuses études crédibles démontrent clairement l’apport positif du numérique sur l’apprentissage;
  • Étant donné qu’une culture de l’évaluation domine celle de l’apprentissage, même si Einstein a dit que : « Tout ce qui est mesuré n’est peut-être pas important, et tout ce qui est important n’est peut-être pas mesurable »;
  • Étant donné qu’aujourd’hui les finalités de l’apprentissage sont davantage tournées vers le développement de compétences qui serviront le jeune dans sa vie connectée et outillée (6 C de Fullan, notamment, et les compétences de la Fondation Mozilla : Explorer, Créer, Collaborer)
  • Étant donné qu’aujourd’hui, des innovateurs au Nouveau-Brunswick francophone deviennent un point de mire à l’échelle mondiale en réalisations technopédagogiques, grâce surtout à la conférence annuelle Clair 20xx, Voir l’éducation autrement, et qu’aucune mention de cet évènement n’est faite au niveau des agents PÉDAGOGIQUES provinciaux;
  • Étant donné que des initiatives du milieu telles que Acadiepédia, reconnu internationalement et qui reçoit un appui de nombreux intervenants et organisations publiques et privées, ne soit pas considérées à leur juste valeur pédagogique au niveau provincial;
  • Étant donné qu’aujourd’hui, il est devenu essentiel de revoir nos référentiels (littératie, numératie, citoyenneté, etc.) ainsi que nos processus internes de travail quotidien calqués sur un modèle ancien, afin que le numérique et l’accès ouvert au réseau et ses données y occupent une place centrale, en filigrane, comme l’est le monde dans lequel nous vivons;
  • Étant donné que le ministère MÉDPE a opté pour l’apprentissage par design universel et qu’il veut le faire sans mettre de l’avant les moyens technologiques;
  • Étant donné qu’aujourd’hui les médias sociaux sont bien plus qu’une « distraction triviale à l’enseignement » selon une perception populaire et un paradigme encore dominant de l’enseignant comme sanctuaire du savoir et qu’au contraire, les médias sociaux sont des leviers sérieux et importants dans le développement de compétences clés chez les jeunes ainsi qu’une source intarissable de formation continue pour les enseignants, les dirigeants et les agents pédagogiques de partout dans le monde;
  • Étant donné que les innovations technopédagogiques et les avancées stratégiques en matière du numérique à l’école ont, à mon avis, pris chez nous un dangereux recul depuis 10 ans, sauf pour s’en protéger;
citation Welch
Diapositive gracieuseté de Mario Chiasson, @marioch

 

  • Étant donné qu’aujourd’hui, on dénote une absence de vision stratégique (et de ressources humaines ciblées à cet effet) et d’actions prioritaires concernant le rôle du numérique sur l’apprentissage et l’enseignement, dans de trop nombreuses juridictions;

Who wants change

  • Étant donné qu’aujourd’hui, la politique provinciale 311, guidant l’usage du numérique à l’école du Nouveau-Brunswick, n’a pas été mise à jour depuis plus de 10 ans, créant un vide inquiétant de balisage des usages du web et de ses outils fondamentalement différents depuis 2005;
  • Étant donné qu’aujourd’hui, le besoin d’accompagnement des enseignants, afin qu’ils démystifient et s’accaparent avec confiance les affordances pédagogiques du numérique, reste entier et réel, et grandement demandé par ceux-ci;
  • Étant donné qu’aujourd’hui, l’accès au réseau GNB et celui du réseau NBED (écoles et districts) sont très différents mais encore assez restrictifs. Et que dans cette optique, ldes efforts de centralisation des services IT risquent d’agrandir le fossé numérique dans les écoles;
  • Étant donné qu’aujourd’hui, les espaces d’apprentissage d’une école (classes, bibliothèques, etc.) sont encore configurés selon des normes archaïques de construction d’école et que des innovations physiques comme celles du nouveau Moncton High School ne soient toujours pas la nouvelle norme pour toutes nos écoles;
  • Étant donné qu’un manifeste et un argumentaire détaillé pour l’ouverture des réseaux aux spécialistes pédagogiques (avec les responsabilités qui l’accompagnent) ne trouve pas receveur et qu’un gouffre sépare toujours les pédagogues et les gens des TI sur des questions touchant le numérique dans les bureaux et dans les écoles (outils, plateformes, logiciels libres, BYOD/AVAN, etc.);
  • Étant donné qu’aujourd’hui, l’évaluation du potentiel de nouveaux outils numériques soit limitée aux gens en TI seulement;
  • Étant donné qu’aujourd’hui, les barrières administratives continuent de ralentir l’accès aux cours en ligne (devenu une véritable école virtuelle) et qu’aucun modèle d’affaires innovant pour l’apprentissage en ligne n’est considéré;
  • Étant donné qu’aujourd’hui, les forces de changement viennent des jeunes eux-mêmes (ex. FJFNB), notamment en termes d’accès libre et de BYOD/AVAN (« Votre école est DÉJÀ BYOD !»);
  • Étant donné qu’aujourd’hui, le rapport aux savoirs change (ex. des questions googlables vs non-googlables, en salle de classe), donc le curriculum, la didactique et les rôles DOIVENT se réinventer à la lumière de cette nouvelle réalité de vie;
  • Étant donné que toutes ces nouvelles réalités, diligemment adressées, ne mettent pas en danger la sécurité des apprenants, bien au contraire, et permettront à ceux-ci de confirmer une passion, de l’innovation, de l’engagement social, du rayonnement, du sain débat, et d’avoir une identité numérique positive et assumée (Jeune : « Allez-y ! Googlez-moi pour voir !»);
  • Étant donné que d’autres juridictions dynamiques et visionnaires se sont déjà dotées de référentiel, d’assises sur la recherche, de plan stratégique, d’outils de formation et d’évaluation et d’interventions aidantes pour tous ses membres, dont on pourrait s’inspirer pour concevoir et mettre de l’avant un plan audacieux mais nécessaire;
  • Étant donné qu’aujourd’hui les organisations qui connaitront du succès (dans notre cas : celui du jeune) sont ouvertes au changement, prennent le beau risque, apprennent de toute erreur, mobilisent et restent transparentes, innovent et regardent résolument vers l’avant;
  • Étant donné qu’aujourd’hui, « les technologies nous condamnent à être intelligents », comme l’a dit le philosophe Michel Serres , aussi cité par le ministre à Clair 2015;

Je déclare donc que :

  • Il est temps que cesse le procès des TIC à l’école;
  • Il est temps que les leaders en éducation assoient une vision et un plan stratégique pour le numérique etl’apprentissage (enseignement, formation continue, nouveaux rôles, curriculum actualisé, etc.);
  • Il est temps que les décisions touchant le réseau informatique INCLUENT l’apport des pédagogues avertis;
  • Il est temps d’innover dans de nouvelles configurations d’espaces d’apprentissage dans les écoles (hubs d’apprentissage…) où priment le pouvoir d’agir, la créativité, la résolution de problèmes et une citoyenneté assumée par chaque apprenant;Que voulez-vs qu'ils fassent
  • Il est temps que l’apport de la recherche sur le numérique pour apprendre soit reconnu et mis en valeur dans la prestation des services éducatifs;
  • Il est temps que les processus internes et les outils de travail profitent des leviers importants que sont les outils du web et les médias sociaux, au nom de la pertinence, de l’efficience et de la collaboration réelle;
  • Il est temps que le fossé entre l’école et le reste de la société soit adressé de façon dynamique, avec sens critique et le beau risque en filigrane;
  • Il est temps que les leaders en innovations technopédagogiques soient reconnus et que leurs réalisations servent de tremplin à de nouvelles réalisations riches en apprentissages propres à l’époque dans laquelle on vit;
  • Il est temps de donner le pouvoir d’agir (« empowerment») aux vrais agents de changement, soit les enseignants et les élèves, afin que leur créativité et leur sens critique et leur conscience personnelle et sociale soient mis au profit des gens et des communautés d’ici;
  • Il est temps que l’innovation technopédagogique dans les écoles devienne une contribution importante au développement des gens œuvrant au mieux-être socio-économique de la province du Nouveau-Brunswick.

Car…

Nos jeunes nous y attendent, le reste de la planète aussi !

Rappelez-vous : « Le vrai risque, c’est de ne pas changer. » (John Coltrane, saxophoniste)

 

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