Momentum du changement en éducation

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(Image Pixabay, CC0 domaine public)

Sur Facebook, on a vu passer hier une photo d’un MeetUp à Montréal où j’ai eu le plaisir de rencontrer, dans un 5 à 7 sympa, des géants demon réseau. Vite les commentaires dans ce statut ont tourné vers ce besoin criant chez plusieurs de voir le système d’éducation changer, se transformer afin de rendre l’école plus pertinente pour son temps. c’est une perspective des plus intéressantes.

Je vous reproduis ici une partie de ces échanges :

Alexandre Enkerli :

On parle de changements systémiques en situation de crise. Selon moi, on n’a pas le choix d’innover. Quand une grande vague arrive, on peut soit se braquer ou faire du surf. Choisissons le surf.
Mais il y a des obstacles institutionnels, des gens qui n’ont pas d’intérêt à ce qu’il y ait du changement. Parfois par peur de l’inconnu.
Yves Otis (qui était là hier) a contribué à faire connaître la théorie des deux boucles, énoncée par l’organisme Berkana (vidéo en anglais). Un truc que j’en retiens, c’est qu’on peut faire avancer les choses en regroupant des gens qui essaient toutes sortes de choses différentes. Même si chaque initiative est insuffisante, qu’elle ne peut pas être « mise à l’échelle », on peut combiner plusieurs choses pour faire une passerelle au-dessus de l’inconnu.
C’est un peu l’idée du 5 à 7 d’hier…

Cette intervention me fait réfléchir…

Je suis témoin de nombre d’innovations dans les écoles ici et là, sur une variété d’aspects (pédagogie, engagement des jeunes, numérique comme levier, participation communautaire, rayonnement, innovations sociales). Je crois que le point de bascule, menant vers une réelle transformation de l’école (dans ses actions et ses structures) réside par la mise en réseau de ces actions (donc, localement, savoir raconter ses histoires, avec des leviers numériques performants); ceci devient une RESPONSABILITÉ des acteurs locaux de partager (blogues, Youtube, autres). Et surtout, surtout, pas juste les succès mais aussi les écueils afin de pouvoir dégager ce qui pourrait se faire différemment afin de s’améliorer. Et ce facteur différent pourrait venir d’ailleurs, justement grâce aux réseaux et aux histoires racontées…

À vol d’oiseau, on verrait alors émerger une sorte de carte rhizomatique d’innovations, de plus en plus reliées. Le « scaling » (mise à l’échelle, un défi parfois utilisé comme excuse par des dirigeants empêchant ainsi de voir s’étendre l’initiative sur tout le territoire; raison numéro 1 invoquée, le coût…) devient, dans ce cas-ci plus naturel, plus organique et surtout, plus durable. Et ceux qui sont à vol d’oiseau sont appelés à diffuser, appuyer, relayer, proposer un lien d’appui ou autre, pas juste consommer la nouvelle.

Dans un système scolaire, régi par sa gouvernance et la politique (p majuscule et minuscule), si quelque chose de spécial et de positif fait du bruit (dans les réseaux, à la télé, par exemple), les décideurs peuvent soit 1. applaudir et oublier, 2. applaudir et partager, 3. chercher à répliquer (reproduire) vers d’autres écoles (l’exemple des cuisines communautaires dans les écoles francophones du sud-est du N.-B. me vient à l’esprit ici).

Et voici où la game change : AJOUTER à ceci le regard et l’intervention astucieuse d’enseignants, professionnels de l’apprentissage, qui sauront peaufiner l’activité afin de les lier aux programmes d’études officiels (ce que j’appelle entrer dans le hardcore de la salle de classe et des disciplines scolaires), ainsi que la mise à jour de types d’activités (complexes, répondant à un besoin, pleines de sens et engageantes) particulièrement en termes d’évaluation des apprentissages (plus authentiques et fiables) auxquelles on peut nommer les apprentissages de compétences plus… transversales (oui, oui, le terme est on ne peut plus d’actualité, amis québécois). Pourquoi pas des badges numériques en passant ? En faisant cela, on chemine d’une culture de l’évaluation vers une culture de l’apprentissage; ce n’est pas peu dire, surtout dans le château-fort du secondaire !

Un effet d’entraînement pourra faire deux choses : horizontalement, amener d’autres enseignants et écoles à innover et à partager, et verticalement, amener les responsables des finalités de formation (programmes d’études) à actualiser ces programmes et les rendre plus pertinents aux yeux de celles et ceux qui innovent localement, dans leur milieu. Des besoins en formation continue qui émergent, des pressions sur la formation initiale… bref, une mobilisation professionnelle qui surgit.

Additif, addictif, plein de sens, engageantes, transformantes; il devient alors plus naturel de proposer de nouvelles configurations de temps, d’espace et de ressources. Et vlan ! les contraintes systémiques. (Ici, je vous invite à visionner, si ce n’est déjà fait, la vidéo sur la théorie des deux boucles, nommée plus haut.)

Comme le dit le commentateur du Lone Nut Dancing,

Now we’ve got momentum!!

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